AEFE – Rencontre avec le chef du service pédagogique

Une délégation formée de Claudine Hérody-Pierre, secrétaire nationale du Sgen-CFDT de l’étranger et représentant le Sgen-CFDT Maroc et Alain Schneider, secrétaire général du Sgen-CFDT de l’étranger, s’est entretenue avec le chef du service pédagogique de l’AEFE, Damien Durand, vendredi 31 mars 2017.

aefeLe Sgen-CFDT a porté ses revendications, notamment sur le rôle central que devrait jouer la pédagogie dans l’AEFE, sur la nécessité de maintenir les filières professionnelles et d’imaginer d’autres filières technologiques, sur l’indispensable double regard (Inspection et chef d’établissement) dans l’évaluation des collègues dans le cadre du PPCR, sur une politique des langues plus cohérente, sur une formation continue plus en phase avec les besoins des collègues…

Ces questions ont donné lieu à de riches échanges.

 

La place de la pédagogie au sein de l’AEFE

 

Le Sgen exprime d’emblée son regret que la pédagogie ne soit pas au cœur de la gouvernance de l’AEFE. Il regrette que la très grande majorité des collègues quand ils n’ignorent pas l’existence du Service pédagogique, ne voient pas ce qu’il fait.

Damien Durand reconnait, pour le regretter, que le SP n’est pas au centre de l’organigramme de l’agence. L’Éducation nationale – qui ne comprend pas toujours leurs spécificités – reconnaît que les établissements de l’AEFE sont parfois en avance !

Le service bénéficiera bientôt de nouveaux bureaux et de deux nouveaux IA-IPR : un en SVT et en espagnol, mais il a un déficit de postes administratifs. Un IPR d’arabe serait très attendu mais l’Inspection générale est très pauvre.

Le SP va être reconstruit de façon thématique, par exemple « accompagnement des établissements, homologation », ce qui sera plus lisible.

Le fonctionnement du service pédagogique

Le Sgen s’inquiète d’un management très vertical au sein de l’AEFE et de la rotation très fréquente des personnels des différents services et notamment du SP, ce qui empêche une bonne continuité dans le service.

Damien Durand reconnaît que les collaborateurs travaillent énormément et souvent dans l’urgence.

 

Les filières professionnelles à l’étranger

Nous avons abordé la question des filières professionnelles, d’abord supprimées au Maroc puis en sursis. Qu’en est-il du moratoire et quel avenir ?

La DGESCO après plusieurs mois de valse hésitation a convenu que la fermeture expéditive décidée à la va vite en juin suscitait un tel tollé et a convenu en bout de cours dans un courrier du 9 mars qu’il était opportun d’acter un moratoire et la création d’un groupe de travail interministériel pour voir sur place, réfléchir en profondeur sur l’orientation des élèves, faire des propositions concrètes, associant le CIEP, la DGESCO, la Mission laïque française, l’AEFE, la DGM avec pour examiner les perspectives de développement de l’enseignement professionnel dans les établissements de l’étranger.

Le Sgen rappelle ses actions très précoces ; il rappelle la situation ubuesque des professeurs en lycée professionnel qui ne pouvaient recevoir les indemnités pour les CCF (contrôle en cours de formation), l’AEFE leur disant qu’ils n’y avaient pas droit puisqu’il n’y avait pas de sections professionnelles dans le réseau. Nous avons dit qu’il est curieux que jamais dans le passé on ne se soit préoccupé de ce problème et que ni les élèves ni les enseignants ne sont responsables de cette situation. Nous avons rappelé la compétence pédagogique reconnue des enseignants dans ces sections. Enfin, nous avons fait état des plus de 35 témoignages d’anciens élèves reconnaissants à l’égard de cette filière qui les a sauvés. Les témoignages recueillis par le Sgen au Maroc pourront être valorisés.

 

Sections technologiques STI2D

Nous évoquons les dossiers de demande d’ouverture des sections STI2D.

Damien Durand reconnait la grande qualité et l’intérêt de ces demandes mais explique qu’ il est très compliqué d’ouvrir des options, tant le MENESR est vigilant à ce que tout soit conforme au cadre réglementaire.

 

L’évaluation des enseignants suite au protocole PPCR

La question de l’évaluation des collègues de l’étranger dans le cadre du PPCR fait l’objet de renvoi de balles entre le ministère et l’AEFE. En lieu et place d’un double regard IPR et chef d’établissement, le risque que seul le chef d’établissement soit l’évaluateur est grand.

Une réflexion entre la DGRH, l’IGEN et l’AEFE est en cours.

Le Sgen rappelle son attachement à ce double regard et suggère des évaluations par visioconférence ; solution qui se heurte à un problème de moyen technique au siège de l’AEFE. Il nous semble que les nouveaux aménagements avec de nouvelles salles pour les visioconférences devraient rendre cette solution possible au moins à titre transitoire.

 

La mise en place de la réforme du collège

Puis nous abordons la question de la réforme du collège relativement complexe à mettre en œuvre notamment dans les gros établissements car il est difficile de flécher des besoins particuliers : le risque de déstabiliser l’ensemble est grand.

Pour l’AEFE, il faudrait accepter l’idée d’une certaine souplesse : puisque les établissements ont la main, à eux d’exploiter cette souplesse. La gageure est de pouvoir travailler en équipe, mais les réformes n’ont pas intégré la nécessité de temps de concertation.

Nous ajoutons que les moyens au sein de l’AEFE n’ont pas suivi, les établissements devant faire des économies, notamment du fait du plafond d’emplois ; tandis qu’en France, des moyens ont été octroyés.

 

Évolution des fonctions des expatriés – place des résidents dans la formation

Nous soulevons la question des EEMCP2, leur rôle, leurs décharges, leur statut et leur place dans les équipes.

Damien Durand explique les cafouillages de la rentrée 2016, qui ne s reproduiront pas ; le directeur prendra pour 2017 en amont une décision communiquant les décharges attribuées.

Nous regrettons que ce dispositif EEMCP2 implique que les autres collègues, en contrat de résident, ne sont plus stimulés pour proposer des actions pédagogiques ou des formations, que leur présence compliquée au sein des équipes peut éteindre toute dynamique et que plus généralement l’institution ne facilite pas l’initiative de chacun.

Certains résidents devraient pouvoir faire leurs armes pour obtenir un certificat d’aptitude aux fonctions de formateur (CAFA), mais la préparation en est actuellement réservée aux fonctionnaires en activité en France (comme le CAFIPEMF pour le premier degré). Les EEMCP2 seront de nouveau réunis en juillet avant leur prise de mission.

 

Les plans de formation

Nous interrogeons ensuite Damien Durand sur la formation continue dont nous critiquons l’opacité du fonctionnement et du choix des stages.

Le SP essaie d’améliorer le dialogue préalable à l’adoption des PRF.

Nous évoquons la question du CEA (centre d’études arabes) à Rabat qui tente de sortir de ses difficultés. Damien Durand confirme que sa mission est préservée car on a besoin qu’il fonctionne, mais qu’il faut du temps pour le remettre à flot : il a toute confiance dans la nouvelle directrice.

 

Conséquences de la dématérialisation de la correction du bac

À propos de la dématérialisation du bac, nous réitérons notre demande que des réunions en présentiel, notamment d’harmonisation, soient de nouveau organisées pour le baccalauréat.

M. Durand, après avoir rappelé la réussite de cette dématérialisation assure qu’une note a été transmise aux centres d’examens pour que les commissions soient réunies mais c’est de la compétence des académies organisatrices. Il préconise des temps de rencontre hors période du bac pour que les équipes fassent connaissance et puissent échanger. Les IPR référents pourraient alors jouer un rôle. Et il souligne que pour les IPR, être à la fois au siège pour un travail d’expertise et être présent dans les zones est mission quasiment impossible.

 

La politique des langues dans le réseau

Le Sgen, attaché à la question de la place des langues, interroge le chef du service pédagogique sur la contradiction entre la politique officielle glorifiée dans la brochure d’une politique des langues ambitieuse et au cœur de ses préoccupations et le ressenti des collègues.

Un groupe de travail réfléchit aux évolutions à mettre en œuvre en parallèle avec celles de l’Éducation nationale en tenant compte des réalités des établissements de l’étranger : OIB, sections internationales, 63 langues enseignées. Une nouvelle brochure au format numérique est en préparation sous deux versions : une à destination des parents, des usagers, et une à destination des praticiens, plus technique.

 

Le développement des outils numériques

Le Sgen interroge le chef du service pédagogique sur les outils numériques pour la formation des personnels.

Le projet « École française numérique à l’étranger » (EFNe), associant le Cned, Canopé, le MAEDI, l’Institut français, l’Alliance française, le MENESR et l’AEFE, inscrit dans la feuille de route interministérielle sur l’enseignement français à l’étranger est susceptible d’ouvrir des portes.

L’AEFE était présente aux journées de l’innovation organisées par le MENESR les 28 et 29 mars avec deux projets portés par des établissements du réseau (lycée Lyautey et lycée français de Vienne.

 

Pour en savoir plus : Compte-rendu détaillé