Des débuts difficiles pour la protections sociale complémentaires à l'étranger et hélas ses bénéficiares. La CFDT fait un point de situation. Prochaine réunion du comité de pilotage : le 19 février.
La protection sociale complémentaire (PSC) devait constituer une avancée sociale majeure pour les personnels en poste à l’étranger. Elle se traduit par une accumulation de dysfonctionnements et à un recul social.
Une protection sociale complémentaire subie par les personnels à l’étranger
La CFDT a regretté que la réunion ne permette pas un véritable débat sur la mise en place de la protection sociale complémentaire (PSC) au 1er janvier 2026. Pourtant, les remontées du terrain sont nombreuses et convergentes : pour les personnels à l’étranger, la PSC constitue un recul.
Les constats sont clairs :
- les collègues paient davantage ;
- ils sont globalement moins bien couverts, notamment en matière d’hospitalisation, avec un reste à charge trop important ;
- des situations individuelles (accident, maternité)émergent, .
La situation des personnels détachés enseignants (D3) est particulièrement choquante. Ne percevant pas d’indemnités d’expatriation, ils financent
en réalité la PSC par une baisse de leur indemnité spécifique de vie locale, déjà bien inférieure à celle des encadrants (D1) et formateurs (D2). Ce mécanisme injuste, revient à l’AEFE à faire supporter le coût de la réforme aux agents les plus nombreux et les moins bien rémunérés. C’est inacceptable.
Ameli, remboursements : la protection sociale complémentaire à l’étranger vire au casse-tête
À ces difficultés structurelles s’ajoute une mise en œuvre administrative chaotique. L’accès aux plateformes est conditionné à la création d’un compte Ameli. Or, depuis l’étranger, cela relève de l’impossible car conditionnée à la mise à jour de la carte vitale qui ne peut se faire… qu’en France. Aussi, le MEAE et l’AEFE sont intervenus pour obtenir un report du délai de mise en place de l’obligation de création d’un compte Ameli pour les collègues à l’étranger. Ainsi, les collègues peuvent continuer à utiliser la plateforme antérieure.
La multiplication des plateformes complique encore davantage la situation. Là où une seule interface existait auparavant, les personnels doivent désormais jongler entre Ameli pour le régime obligatoire, une plateforme MAEE-MGEN pour la complémentaire et une autre MGEN pour la prévoyance. Cette complexité génère retards, incompréhensions et situations de détresse.
Par ailleurs, les limitations imposées par la CNAM, comme le plafonnement du nombre de demandes de remboursement (2 tous les quinze jours) sont totalement inadaptées aux réalités de l’étranger. Les collègues en congé maladie, en congé maternité ou confrontés à des soins lourds se retrouvent sans information claire ni réponse rapide.
Prévention : des dispositifs à adapter à la réalité de l’étranger
La CFDT Éducation monde a voté favorablement le cadre général des actions de prévention proposées par la MGEN, tout en formulant des réserves.
Les webinaires thématiques étalés sur cinq ans ne correspondent pas à la réalité des personnels détachés, soumis à un fort turn-over. Certaines thématiques majeures, comme la santé mentale ou les risques environnementaux (pollution, conditions sanitaires locales), méritent d’être renforcées.
Les actions de dépistage restent insuffisantes, tant en capacité qu’en répartition géographique. Les dispositifs sont largement conçus pour des personnels en France, alors même que nombre de personnels de l’Agence rentrent en congé ailleurs que dans les villes prévues. À l’étranger, l’accès aux dépistages et à la prévention demeure trop limité.
Nous saluons néanmoins certaines avancées, comme l’accès à Vocal’iz pour les enseignant·es ou la désignation de responsables régionaux de prévention, tout en demandant qu’un interlocuteur clairement identifié soit dédié aux situations à l’étranger.
Nos revendications
La CFDT Éducation monde continuera à porter la voix des personnels et à exiger des corrections rapides et concrètes.
Nous revendiquons notamment :
- la réouverture d’un véritable débat sur la mise en œuvre de la PSC à l’étranger ;
- une simplification immédiate des démarches administratives et des circuits de remboursement ;
- une adaptation réelle des actions de prévention aux contraintes des personnels détachés ;
- et surtout, le réexamen au plus vite des 10 % de reste à charge, qui pénalisent lourdement les collègues et leurs ayants droit, en particulier dans les pays où le coût de la santé est prohibitif.
La PSC ne doit pas être un recul social. Elle doit redevenir une protection effective, équitable et solidaire pour toutes et tous.
Lire l’article publié le 20 janvier 2026 sur la protection sociale complémentaire à l’étranger