AEFE – Lycée van Gogh – Pays-Bas : retraites, langues et modèle social sous tension

Au Lycée van Gogh, aux Pays-Bas, la question des retraites des recrutés locaux ne relève pas d’un débat théorique. Elle s’inscrit dans une réalité concrète : des négociations engagées, des avancées esquissées, puis un coup d’arrêt brutal lié à la situation financière de l’Agence.

Au Lycée van Gogh, aux Pays-Bas, établissement en gestion directe AEFE, l’enjeu actuel est social mais aussi plus large. Dans un environnement multilingue et concurrentiel avec un système éducatif national gratuit et excellent, l’ouverture linguistique pourrait permettre de toucher de nouveaux publics. Encore faut-il un modèle social solide pour soutenir cette ambition.

AEFE Pays-Bas – Au Lycée van Gogh, un problème social concret

Au Lycée van Gogh, comme dans d’autres établissements du réseau, des discussions locales avaient permis d’envisager des améliorations pour les recrutés locaux, majoritaires dans l’établissement. Deux orientations majeures avaient été travaillées :

  • une amélioration salariale visant à permettre aux recrutés locaux de contribuer personnellement dans le nouveau dispositif de retraite ;
  • une meilleure contribution de l’employeur aux dispositifs de retraite, afin de sécuriser les parcours professionnels dans un contexte juridique et social néerlandais complexe, marqué par la retraite par capitalisation.

Ces avancées traduisaient une volonté partagée au sein de l’établissement : mieux reconnaître le rôle des recrutés locaux dans le fonctionnement quotidien du lycée et réduire des inégalités devenues structurelles.

Mais ces avancées restaient fragiles. Elles dépendaient de marges budgétaires limitées et d’une situation financière de l’opérateur aujourd’hui dégradée.

Le gel des avancées sociales : un choix politique et une conséquence budgétaire

Au Lycée van Gogh, cette dynamique s’est heurtée à la dégradation de la situation financière de l’Agence. Les mesures envisagées ont été suspendues, les négociations gelées, les perspectives différées. De fait, la contribution minime (5,6 %) de l’employeur à la retraite des recrutés locaux a été reconduite pour 6 mois et peut-être davantage.

Ce gel ne peut être réduit à un simple problème local. Il révèle une orientation préoccupante : les droits sociaux deviennent dans un contexte de crise de l’opérateur une variable d’ajustement. Ainsi, les personnels recrutés locaux, pourtant indispensables au fonctionnement des établissements, voient leur situation précarisée au moment même où le réseau dépend de leur engagement.

La CFDT Éducation monde le dit clairement : ce recul social n’est pas acceptable. D’autres formes d’action syndicale sont d’ores et déjà en préparation pour obtenir des avancées dans le respect des projections faites.

Des personnels détachés dans l’expectative

Parallèlement, dans ce contexte inquiétant lié à la fois à la situation dégradée localement mais aussi au niveau du réseau, les personnels détachés s’interrogent. Les questions sont multiples : évolution des statuts ? suppressions de postes de détachés à venir ? Lassitude, résignation, appréhension et mécontentement cohabitent en salle des personnels. En ce début d’année 2026, la mise en place de la protection sociale complémentaire, chaotique et jugée peu avantageuse, s’ajoute à un sentiment de délitement.

AEFE Pays-Bas – Langues, attractivité et avenir de l’établissement : un enjeu stratégique

Ce qui se joue au Lycée van Gogh dépasse largement le cadre d’un établissement. La question des retraites des recrutés locaux est indissociable d’un autre enjeu majeur : l’attractivité du réseau dans un environnement éducatif européen de qualité, gratuit et fortement concurrentiel.

Aux Pays-Bas, la concurrence entre établissements internationaux et écoles nationales est intense. Dans ce contexte, la politique linguistique du lycée Van Gogh constitue un levier stratégique. L’ouverture linguistique, la valorisation du plurilinguisme et la diversification de l’offre éducative pourraient permettre de toucher de nouveaux publics et de renforcer l’attractivité de l’établissement.

Et de sécuriser les personnels qui craignent un plan social à l’horizon d’un an. La fermeture possible de classes à la rentrée 2027 est de très mauvais augure.

Mais l’ambition de redressement qui semble être tardif ne peut reposer sur un modèle social fragilisé. Un établissement qui précarise ses personnels perd en crédibilité, en qualité pédagogique et en attractivité. Une protection sociale insuffisante et des perspectives professionnelles incertaines sont susceptibles d’affaiblir durablement le projet éducatif.

Revendications CFDT Éducation monde

Face à cette situation, la CFDT Éducation monde porte des revendications claires :

  • une amélioration significative des contributions employeurs à la retraite et une revalorisation salariale des recrutés locaux pour contribuer personnellement au plan de retraite et pour faire face à l’inflation ;
  • la reprise immédiate des négociations locales et la fin du gel des avancées sociales ;
  • un projet d’établissement affirmant un choix stratégique en matière de langues et de plurilinguisme pour renforcer l’attractivité du Lycée van Gogh ;
  • une stratégie nationale de l’Agence articulant attractivité du réseau, justice sociale et développement des effectifs élèves.

Il n’y aura pas de réseau fort sans personnels reconnus, protégés et respectés. La CFDT Éducation monde refuse que la contrainte financière serve de prétexte à un recul social, au lycée Van Gogh comme ailleurs.

Ainsi, elle continuera à agir, par la négociation comme par la mobilisation, pour défendre les droits des personnels et l’avenir du réseau.


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