Mobilisation intercatégorielle au lycée de Tananarive

Mobilisation des personnels du lycée français de Tananarive à Madagascar le 12 février contre l’annonce du gel des salaires des personnels de droit local.

Les personnels détachés comme les personnels de droit local se sont mobilisés le 12 février. C’est l’annonce faite par le proviseur du lycée français de Tananarive du gel des salaires des personnels de droit local qui a suscité cette mobilisation.

 Mobilisation d’une forte amplitude

Ce jour-là, toutes les catégories de personnels du lycée français de Tananarive (enseignants et ATSS du premier et du second degré, personnels de Vie Scolaire du 2nd degré et AESH) ont suivi le dress code « tout en noir, en blanc ou en noir et blanc ». Pancartes, slogans et animation musicale ont renforcé l’impact de cette mobilisation.

Cette journée a aussi prouvé que la générosité et la solidarité ne sont pas de vains mots. En effet, le petit panier qui a circulé a atteint un montant d’un peu plus de 1 000 000 d’ariary. La somme sera partagée entre les plus bas salaires grévistes pour compenser une perte de salaire proportionnellement plus lourde à supporter.

Pour reprendre les termes mêmes que la Direction a utilisés dans sa communication aux parents d’élèves, ce fut un « mouvement d’une forte amplitude ».

Tananarive – Les raisons de la grève

Constatant que le dialogue social était dans l’impasse et que la direction restait sourde à leurs arguments, les personnels de droit local n’avaient plus que ce moyen pour se faire entendre. Pour faire entendre que protester contre le gel du point d’indice ce n’est pas qu’une question de budget. Protester contre le gel du point d’indice c’est aussi, et surtout, une question de considération, de justice et d’humanisme. Les contraintes budgétaires imposées par Paris ne doivent pas se faire au détriment des personnels les moins bien lotis de la communauté éducative.

Finalement, la direction de l’AEFE a suspendu ce gel en Conseil Social d’Administration. C’est une nouvelle encourageante. Il est désormais impératif que le dialogue de gestion entre l’AEFE et l’établissement reprenne et aboutisse à une solution négociée. D’autant que d’autres avancées (mutuelle de santé des PDL, tarifs négociés des écolages…) restent en suspens.

Madagascar – Ce n’est qu’un début

L’AEFE ne prétend donc imposer aucun gel général du point d’indice des personnels de droit local. Il doit être étudié, discuté, négocié au cas par cas, dans chaque établissement en fonction de ses capacités budgétaires et du contexte local

L’AEFE a déclaré que la réforme de l’ISVL n’était pas déclenchée et qu’elle allait analyser à nouveau la situation.

Pour rappel, la réforme de l’ISVL consisterait à amputer de 10% cette indemnité touchée seulement par les D3 et les résidents pour financer la PSC de tous les détachés. Donc pour financer aussi la PSC des D1 et D2. Catégories qui, sans toucher l’ISVL, ont des revenus bien supérieurs et ont vu, eux, leur prime d’expatriation augmenter à Madagascar.

Par ailleurs, près de 500 postes ont changé de statut du réseau entre l’ouverture de la campagne de recrutement des détachés et la situation finale. Ainsi, on annonce le gel d’une centaine d’entre eux pour l’année 2026-2027. Que vont-ils devenir ? Combien seront fermés ? À Madagascar, plusieurs établissements conventionnés se retrouvent face au dilemme du maintien de ces postes d’enseignants détachés. D’un côté, leur coût augmente ; de l’autre, ils assurent aussi l’attractivité et l’homologation du réseau.

Le combat continue

La CFDT Éducation monde a déposé un nouveau préavis de grève couvrant la période du 2 mars au 10 avril 2026.  Il ne s’agit en aucune façon de déclencher des grèves à tout va, ni de multiplier les journées sans salaire. Il s’agit de maintenir la pression.

L’EGD de Tananarive a montré sa détermination. Il faudrait maintenant qu’une coordination mondiale unisse tout le réseau.