Visite du Lycée Saint-Exupéry de Santiago, Chili

La CFDT Éducation Monde s’est rendue au Chili pour rencontrer sur place les collègues du Lycée Français de Santiago, réseau AEFE.

AEFE – une identité chilienne très marquée

Le lycée Saint Exupéry est l’un des plus grands établissements français d’Amérique du Sud. Notre visite a confirmé des constats déjà observés dans d’autres lycées français au Chili. On y perçoit une identité chilienne très marquée chez les enseignants locaux. Certains préfèrent d’ailleurs travailler dans un établissement chilien d’excellence qui enseigne le français, plutôt que dans un établissement français à part entière.

Ce flottement identitaire est révélateur et se manifeste à plusieurs niveaux. D’abord, des parents qui semblent parfois ignorer que la scolarité de leur enfant se déroule majoritairement en français. Ensuite, de nombreux élèves de terminale qui préfèrent passer la PAES (l’équivalent local du baccalauréat) plutôt que le baccalauréat français. Face à cela, la direction multiplie les efforts de communication pour réaffirmer l’identité et la primauté du programme français.

Santiago – des difficultés financières

Dans ce contexte, des décisions de gestion viennent tendre la situation. Pour absorber la charge financière liée aux pensions civiles, 8 classes ont été fermées sur les 140. Avec, pour contrepartie, une augmentation des effectifs par classe – jusqu’à 30 élèves. Cette décision, que nous jugeons anti-pédagogique (particulièrement en primaire et dans un contexte où la pratique du français est faible), dégrade directement les conditions d’enseignement et d’apprentissage. Il convient en outre de noter que la direction a géré ces suppressions de postes sans plan social. En effet, hormis un CDD non renouvelé, les fermetures ont été absorbées par des départs en retraite ou des préretraites négociées dans des conditions présentées comme favorables.

Cependant, pour les personnels que nous avons rencontrés, cette justification financière est incomplète. Ils dénoncent le véritable poids qui pèse sur les finances : l’échec stratégique du site de Chamisero. Difficile d’accès pour les personnels et peinant à recruter des élèves, ce projet semble être un échec financier. Ce sont aussi les conséquences de cet investissement hasardeux qui pèsent aujourd’hui sur le quotidien des équipes.

La CFDT Éducation Monde reste pleinement mobilisée pour défendre la qualité du service d’éducation et exiger que des conditions de travail serein et efficace soient garanties pour tous.