Carte des emplois et rapport social unique à l’ordre du jour de la commission interne qui s’inscrit dans un cadre de réforme opaque et de forte inquiétude des personnels.
La commission interne compétente pout les personnels des services centraux de l’AEFE s’est tenue : 10 suppressions de postes et rapport social unique.
Une déclaration liminaire qui pose les termes du débat
Dès l’ouverture de la séance, la CFDT a exprimé une objection de fond.
Comment accepter des suppressions de postes :
- sans organigramme connu,
- sans vision des missions futures,
- sans groupe de travail préalable ?
La question n’est pas seulement quantitative, elle est structurelle.
La CFDT a dénoncé une méthode inacceptable :
- absence de transparence sur les non-renouvellements,
- impossibilité d’anticiper les impacts sur les services.
Elle a également alerté sur des choix lourds de conséquences, en particulier la suppression du poste « risques majeurs », en contradiction directe avec les discours mêmes de la tutelle sur la montée des menaces internationales et d’adjoint financier à la DDAR avec une forte surcharge de travail à prévoir dans les deux cas.
Enfin, la CFDT a rappelé le climat actuel :
- incertitudes liées à la réforme,
- inquiétudes sur l’avenir des métiers,
- pression croissante sur les agents.
Ce contexte impose du dialogue, pas des décisions descendantes.
Lire la déclaration liminaire

AEFE – Commission interne et cartographie
Des suppressions de postes déconnectées de toute organisation
10 suppressions de postes sont proposées à la rentrée 2026. 8 autres suivront. L’administration insiste sur un point : il s’agit de postes vacants ou de postes qui le seront prochainement.
Mais cet argument ne répond pas à la question essentielle.
Supprimer un poste vacant, c’est aussi supprimer une capacité de travail future et opérer un transfert de charge.
Sans organigramme cible :
- aucun cadrage des missions
- aucune vision des priorités
- aucune évaluation de la charge réelle
La CFDT déplore la situation qui contraint l’opérateur à ajuster les effectifs sans savoir vers quoi on va.
Une logique imposée par la tutelle
Ces suppressions ne relèvent pas d’un choix stratégique interne.
Elles répondent à une demande de la tutelle dans le cadre budgétaire 2026.
Cela place l’administration elle-même dans une position contrainte.
Mais pour la CFDT, cela ne peut justifier :
- l’absence de concertation,
- ni le manque de lisibilité,
- ni la dégradation du dialogue social.
En effet, la contrainte budgétaire ne doit pas effacer la cohérence fonctionnelle.
Des décisions qui fragilisent les missions
Le poste “risques majeurs” : un signal alarmant
La suppression de ce poste est emblématique.
Dans un contexte marqué par :
- tensions géopolitiques
- crises sanitaires
- exposition accrue du réseau
Réduire les moyens dédiés à la sécurité est incompréhensible.
C’est un choix qui :
- contredit les orientations affichées,
- reporte la charge sur d’autres personnels,
- fragilise la prévention et l’anticipation.
Des équipes financières déjà sous tension
La suppression d’un poste d’adjoint financier pose également problème.
Les remontées du terrain sont claires :
- surcharge de travail
- redéfinition contrainte des missions
- manque de lisibilité sur les attendus
Pour la CFDT, la mutualisation ne peut pas être une réponse automatique à la réduction des effectifs.
L’avenir incertain du service des bourses
La tutelle continue de lorgner sur la récupération du service des bourses. La CFDT s’opposera à cette décision. L’éducation et son accès doivent rester dans le périmètre de l’opérateur public.
Une égalité professionnelle fragilisée
La réduction des moyens humains dédiés à l’égalité professionnelle envoie un signal contradictoire.
Les priorités affichées ne sont pas suivies d’effets concrets.
Un défaut de communication qui alimente l’anxiété
Les échanges en séance l’ont confirmé :
beaucoup d’agents ignorent que les postes supprimés sont, pour la plupart, vacants
Conséquences :
- inquiétude sur les situations individuelles
- rumeurs dans les services
- perte de confiance envers l’employeur
L’absence d’information claire aggrave un climat déjà dégradé.
Commission interne AEFE : rapport social unique 2025
Des indicateurs qui confirment les risques
L’analyse du rapport social unique (RSU) vient éclairer ces décisions sous un angle plus large :
- transformation progressive des emplois (moins de titulaires, plus de contractuels)
- baisse des rémunérations pour les catégories B et C
- effort insuffisant en matière de formation avec moins de deux jours par agent
- retard sur l’emploi des personnes en situation de handicap
- turn-over élevé et malaise persistant
Nos revendications
La CFDT Éducation monde demande :
- Un moratoire immédiat sur les suppressions de postes
- La présentation d’un organigramme complet avant toute décision
- Un véritable cadre de concertation avec la représentation du personnel
- Le maintien des fonctions critiques, notamment en matière de sécurité
- Une transparence totale sur les choix de gestion RH
- Une évaluation sincère de la charge de travail dans les services
Conclusion
La cartographie des emplois 2026 ne peut être examinée isolément.
Sans vision d’ensemble, elle devient un simple exercice de réduction budgétaire. La CFDT a voté contre la carte des emplois. Elle se battra pour la réouverture des postes supprimés qui mettent en tension les personnels.
Pour la CFDT Éducation monde, il est urgent de remettre du sens, de la transparence et du dialogue dans la conduite de la réforme.
Questions diverses
- Versement du SFT et de l’IR aux personnels contractuels non fonctionnaires
Sur quelle base réglementaire l’AEFE fonde-t-elle l’absence de versement du supplément familial de traitement (SFT) et de l’indemnité de résidence (IR) aux personnels contractuels des services centraux ?
Réponse faite à l’oral. La CFDT attend la communication écrite.
- Référent handicap
Qui exerce actuellement les fonctions de référent handicap pour les personnels des services centraux de l’AEFE et selon quelles modalités les agents peuvent-ils le saisir ?
Le référent handicap est le chef du service des affaires générales.
- Réductions de postes
Quelles suppressions ou réductions de postes sont actuellement envisagées dans les services centraux et quelles mesures l’administration prévoit-elle afin de préserver les conditions de travail et la sérénité des personnels ?
Point abordé en séance.
- Non-renouvellement de détachements et de contrats
Combien de situations de non-renouvellement de détachements ou de contrats à durée déterminée ont-elles été recensées depuis le 1er septembre 2025 dans les services centraux et quels critères président à ces décisions ?
Non traité.
- Turn-over dans les services centraux
L’administration dispose-t-elle d’une analyse du turn-over observé dans les services centraux et quelles mesures envisage-t-elle pour renforcer la stabilité des équipes et l’attractivité des postes ?
Traité en séance.
- Réorganisation des services centraux
Quels projets de réorganisation des services centraux ou d’évolution de l’organigramme sont actuellement à l’étude et selon quel calendrier les représentants des personnels seront-ils informés et consultés ?
Traité en séance. En attente d’un retour de la tutelle.
- Gestion des bourses
L’administration peut-elle confirmer l’existence d’un projet de reprise de la gestion des bourses par la tutelle et, souligner sa position et, le cas échéant, communiquer son argumentaire pour le maintien de ce service à l’Agence ?
Le transfert est évoqué. Arbitrage non rendu.
Lire le compte-rendu de la commission interne du 11 septembre 2025.