Avantage familial : le torchon brûle

Le comité social d’administration de l’AEFE du 25 juin a examiné un projet de modification du décret n° 2002-22 régissant la situation administrative et financière des personnels détachés. À l’ordre du jour : la réforme de l’avantage familial.

Sur le principe, la CFDT Éducation monde ne peut que soutenir la volonté de mettre fin à une inégalité de traitement entre catégories de personnels détachés. Quel que soit le métier exercé, quel que soit le grade occupé, le coût d’un enfant reste le même. Il est donc légitime de tendre vers un dispositif plus équitable entre tous les agents.

Mais derrière cette évolution se cache une autre réalité.

La mise en place de la protection sociale complémentaire doit constituer pour la CFDT Éducation monde une avancée. Encore faudrait-il que l’État accepte d’en assumer le coût.

Or la logique retenue est tout autre : financer ce nouveau droit sans qu’il en coûte un radis de plus au budget de l’État. Pour dégager les 5,5 millions d’euros nécessaires, l’AEFE est contrainte de trouver des économies dans ses propres crédits. Après avoir un temps envisagé une ponction sur les indemnités spécifiques de vie locale, c’est finalement l’avantage familial qui est mis à contribution.

Le résultat est pour le moins paradoxal. Les personnels gagnent en protection sociale complémentaire, mais celle-ci est en partie financée par les économies réalisées sur les droits familiaux.

Autrement dit, l’État se félicite d’étendre la protection sociale des agents sans mobiliser un euro supplémentaire. Les personnels, eux, assistent à un simple jeu de vases communicants. Et à une perte de rémunération pour les familles avec enfants.

Un détournement assumé, les personnels paient eux-mêmes leur propre avancée sociale.

La CFDT Éducation monde refuse cette logique.

C’est pourquoi la CFDT Éducation monde a voté contre ce projet. Ce rejet, unanime, impose désormais la réunion d’une nouvelle instance.

La solution existe : le ministre des Comptes publics, David Amiel, a lui-même reconnu la nécessité de revoir l’imputation des coûts de pensions des fonctionnaires. Sortir les pensions civiles du budget de l’AEFE, c’est traiter la cause, pas faire payer les familles et les personnels.

L’égalité de traitement mérite mieux qu’une opération comptable. Les avancées sociales aussi.


Lien vers l’article complet sur le CSA du 25 juillet 2026.