La CFDT Éducation monde est allée à la rencontre des personnels du lycée franco-bolivien de La Paz. Baisse des effectifs, hétérogéité des contrats, un climat de travail quelque peu tendu.
Le lycée Alcide-d’Orbigny de La Paz est l’un des deux établissements liés par une convention avec l’AEFE de Bolivie. Créé en 1967 le lycée franco-bolivien scolarise un public d’environ 900 élèves, boliviens pour 87% d‘entre eux. Situé dans le quartier résidentiel d’Achumani, sur un très beau site qui donne sur la cordillère des Andes, son architecture à taille humaine préserve des espaces différents pour les différentes classes d’âge. Outre différentes cours de récréation, l’établissement dispose également d’un jardin, d’un potager, de ruches, d’un étang avec des poissons. Il se distingue aussi dans la pratique de l’escrime et par sa radio Paris La Paz.
La Paz : baisse des effectifs
En baisse constante depuis les années Covid qui ont particulièrement affecté la région, avec pratiquement 2 ans de fermeture pour le lycée de La Paz, cette baisse est également due à la baisse de la natalité. Étrangement La Paz est beaucoup plus affectée que le reste du pays par ce dernier facteur. Non négligeable également, la crise économique dans laquelle est plongé le pays. Près de la moitié des familles est endettée envers l’établissement.
Depuis cette année, on a procédé à l’ouverture d’une très petite section de maternelle, et d’une section européenne depuis l’année dernière.
AEFE – La Paz : personnels détachés
Peu de personnels résidents (2 au total) et 15 personnels détachés sur des missions d’enseignement et d’éducation. Mais de fait, de nombreux personnels installés à La Paz sont sous le couperet de la limitation du temps de détachement, et pour certains ont dû se résigner à accepter un contrat de droit local.
Suppression de postes : on a fermé un poste en primaire et un en secondaire, en histoire-géographie. Ces postes sont gelés pour la rentrée 2027.
Bolivie, La Paz – Personnels de droit local : contrats de travail et rémunérations
Une commission consultative paritaire interne gère le recrutement des personnels de droit local. Son fonctionnement à partir d’un barème propre n’est toutefois guère satisfaisant pour les personnels qui signalent un manque de transparence.
En effet, l’hétérogénéité des contrats, et de certaines clauses, suivant la nationalité notamment, l’année de recrutement et les besoins ponctuels de l’établissement, peuvent être la source de conflits interpersonnels. Inégalités aussi pour la prise en charge des frais d’écolage avec un abattement qui a diminué depuis quelques années.
La crise économique que traverse la Bolivie entraine une perte importante du pouvoir d’achat. Le mécanisme traditionnel de l’augmentation salariale décrétée chaque 1er mai avec effet rétroactif au 1er janvier a connu une rupture historique majeure en 2026. L’écart de salaires entre personnels détachés et personnels recrutés locaux se creuse et est susceptible de générer des tensions.
La Paz – Climat de travail peu satisfaisant
Au premier degré, les échanges avec les personnels ont dégagé une ambiance de travail dégradée, voire délétère. Un début d’année chaotique, des remplacements en cours d’année non assurés sont des éléments qui ne favorisent pas le bien-être des personnels. Rétablir une base de dialogue avec les équipes semble une priorité pour assainir le climat.
Au second degré, l’organisation des examens suscite une vive préoccupation. En cette fin d’année scolaire de rythme sud, la planification pourrait s’avérer problématique si les défaillances organisationnelles de l’année dernière devaient se répéter. Là encore, la CFDT espère que le dialogue sera de mise pour rassurer les équipes.
Chez les personnels administratifs et de service, le climat n’est pas meilleur. Certaines pratiques biaisées semblent avoir construit des barrières entre les différentes catégories de personnels. Le sentiment d’invisibilité se retrouve chez nombre de personnels administratifs et de service. La CFDT ne peut qu’encourager une vigilance face à ces mécanismes qui s’installent trop souvent de manière inconsciente. Un renouvellement des marques de confiance envers le personnel est une condition essentielle pour assainir le climat de travail.
AEFE – Lycée franco-bolivien : ambiance de travail
Les personnels évoquent des faits de violence et de harcèlement. La CFDT rappelle l’existence dans chaque établissement du Registre de Santé et de Sécurité au Travail (RSST). Ce document doit rester à disposition de toutes et tous, et les agents doivent pouvoir inscrire les signalements en toute garantie de confidentialité. La CFDT rappelle aussi le déploiement du dispositif de signalement de l’AEFE.
Rétablir un climat de confiance
Les résultats de l’enquête sur la QVCT, déployée début 2026 par la CFDT Éducation monde, ont montré l’importance pour les collègues de la valorisation de leur travail. En effet, le manque de reconnaissance est pointé comme la 2ème préoccupation après la priorité du pouvoir d’achat.
De cette carence découlent d’indéniables risques psychosociaux.
Aller à l’encontre des personnels, les écouter, dialoguer avec les équipes est la base sur laquelle l’établissement pourra rétablir des canaux de communication sains et instaurer un climat de confiance.
Convoquer un agent en lui rappelant son droit de se rendre à cet entretien accompagné d’un représentant syndical ou des personnels est un préalable indispensable pour rétablir la confiance des agentes et agents.

Élections professionnelles : décembre 2026
Du 3 au 10 décembre, chaque voix comptera. En 2022, quelques voix ont permis à la CFDT de gagner un deuxième siège au comité social d’administration de l’AEFE. Il donne au syndicat des moyens supplémentaires pour vous défendre, et nous sommes déterminés à le conserver avec vous. Alors, d’ici là, vérifiez votre accès à votre messagerie @aefe.fr et votre inscription sur les listes électorales.
Puis dès le 3 décembre, votez et faites voter, pour que la réforme se fasse avec vous et non contre vous
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