Lors de notre déplacement aux Pays-Bas, nous sommes allés à la rencontre des collègues du Lycée Van Gogh, à La Haye et à Amsterdam. Détachés comme recrutés locaux, ils expriment la même inquiétude : avenir préoccupant, établissement fragilisé avec des effectifs en baisse et pouvoir d'achat en berne.
La CFDT est allée à la rencontre des personnels aux Pays-Bas, au Lycée Van Gogh, dont l’annexe d’Amsterdam, établissement en gestion directe AEFE. Le constat est celui de l’inquiétude en raison d’une double situation : baisse des effectifs d’élèves, tension budgétaire et réforme de l’AEFE.
L’avenir de l’AEFE inquiète aux Pays-Bas
Les collègues s’interrogent sur l’avenir de l’Agence. Nous avons rappelé notre position sur la réforme de l’opérateur public. Et notre opposition à son sous-financement. Nous demandons un tour de table réunissant l’ensemble des acteurs concernés, mais l’administration ne nous entend pas sur ce point. De plus, les suppressions de postes ont commencé dans le réseau.
Nous continuons de demander le report d’un an de la réforme. Ce délai est en effet parfaitement soutenable financièrement. Par ailleurs, nous ne comprenons pas cette accélération : ce qui est fait vite n’est pas forcément bien fait. Les collègues ont accueilli ces explications favorablement.

AEFE – Pays-Bas : un établissement fragilisé
Le Lycée Van Gogh traverse une situation financière délicate. Ses effectifs ne cessent de baisser. La direction envisage, sans que ce soit confirmé, deux fermetures de classes dans le primaire et deux dans le secondaire à la rentrée 2027. Ces fermetures toucheraient des emplois en CDD, et probablement aussi en CDI.
Pouvoir d’achat : « la vie est devenue très chère »
Nous avons échangé avec de nombreux collègues sur ce sujet. Personnels détachés ou recrutés locaux, tous le disent : la vie est devenue extrêmement chère. Ils ont de plus en plus de mal à faire face à leurs dépenses.
Les personnels recrutés locaux continuent de porter leurs demandes de rémunération en commission de dialogue social. Des engagements laissaient entrevoir des perspectives favorables. Or la nouvelle direction nuance ces perspectives. Voici les réponses apportées en commission :
- Budget. La proviseure indique que les marges de manœuvre sont quasi inexistantes. L’inflation, prévue entre 2,3 % et 3,4 % aux Pays-Bas en 2027, pèse sur l’ensemble des frais.
- Point d’indice. Seule l’augmentation de 2 % validée en juillet 2026 est acquise. Les autres hypothèses, notamment 2 % en 2027 et 2 % en 2028, restent des projections non validées par le directeur général de l’AEFE. La réponse définitive n’est annoncée qu’au premier trimestre 2027.
- Retraite. Le nouveau contrat est en cours de mise en place. L’assureur propose aussi une assurance invalidité (WGA) facultative, sur la base d’un minimum d’environ huit adhérents.
- Frais de transport. La représentation des personnels a demandé une revalorisation à 0,25 €/km, contre 0,21 € au lycée. La direction a répondu que les dépenses sont contraintes.
- Contrats. La représentation des personnels a demandé le retrait des logos AEFE de la convention de travail. La proviseure rappelle que le directeur général de l’AEFE valide les contrats, par délégation.
- Prévention. La proviseure indique que la possibilité de désigner un assistant de prévention, sous contrainte budgétaire. La représentation des personnels rappelle qu’aux Pays-Bas, son absence constitue une situation d’illégalité.
Avantage familial : une réforme qui crée des injustices
Les personnels détachés sont par ailleurs très inquiets de cette réforme. Ils ont toutefois accueilli favorablement l’annonce de notre recours contre le décret réformant l’avantage familial.
Les collègues d’Amsterdam ont soulevé un point important. Le décret prévoit que l’avantage familial ne prendra plus en charge les enfants scolarisés dans un établissement non homologué, ou seulement partiellement.
Or ces collègues ont scolarisé leurs enfants dans le système néerlandais pour une raison simple. À l’âge où leurs enfants entraient au collège et au lycée, Amsterdam ne comptait aucun établissement homologué. Un établissement partenaire a bien ouvert en 2021, mais cette perspective n’existait pas à l’époque de leur choix.
Pourtant, aucune disposition transitoire ne les concerne. Ils vivent cette situation comme une injustice, et nous la partageons.
AEFE – Pays-Bas : Protection sociale : la même difficulté qu’ailleurs
Sur la protection sociale, les collègues des Pays-Bas rencontrent les mêmes difficultés que tous les fonctionnaires passés sur le contrat collectif à l’étranger. Beaucoup n’ont pas souscrit la prévoyance. Nous les avons donc vivement encouragés à le faire.
Les revendications de la CFDT
- Emplois. Nous demandons que les emplois de l’établissement soient préservés.
- Réforme AEFE et exigence de concertation. Nous continuons de demander un tour de table réunissant l’ensemble des acteurs concernés.
- Avantage familial. Nous attaquons le décret réformant l’avantage familial par un recours en annulation pour excès de pouvoir.
- Protection sociale. Nous demandons que l’AEFE encourage les personnels à souscrire un contrat de prévoyance.
- Rémunérations. Nous exigeons des réponses concrètes pour tous les personnels, fonctionnaires et recrutés locaux. Le pouvoir d’achat des personnels recrutés locaux ne peut plus attendre le premier trimestre 2027. La projection initiale 2% en 2027 et 2% en 2028 doit être validée par l’AEFE.
- Frais de transport. Nous soutenons la demande locale de revalorisation à 0,25 €/km.
- Prévention. Nous demandons la désignation d’un assistant de prévention, obligatoire aux Pays-Bas.
Élections professionnelles : décembre 2026
Du 3 au 10 décembre, chaque voix comptera. En 2022, quelques voix ont permis à la CFDT de gagner un deuxième siège au comité social d’administration de l’AEFE. Il donne au syndicat des moyens supplémentaires pour vous défendre, et nous sommes déterminés à le conserver avec vous. Alors, d’ici là, vérifiez votre accès à votre messagerie @aefe.fr et votre inscription sur les listes électorales.
Puis dès le 3 décembre, votez et faites voter, pour que la réforme se fasse avec vous et non contre vous