Lors de la dernière instance, la direction de l’AEFE a fait adopter plusieurs décisions concernant l’action sociale. La CFDT déplore une orientation qui privilégie l’alignement administratif et la contrainte budgétaire.
Une politique d’action sociale sous tension à l’AEFE
L’action sociale constitue un levier de solidarité et d’attractivité pour l’AEFE. Or, les décisions récentes traduisent un changement d’orientation. En effet, plusieurs mesures négatives ont été adoptées. Elles réduisent les marges de soutien et envoient un signal négatif.
Quotient familial : un recul pour les familles monoparentales
La direction de l’AEFE a décidé de modifier le calcul du quotient familial utilisé pour l’action sociale. Jusqu’à présent, le dispositif interne était plus favorable aux agents célibataires avec enfants. Désormais, le calcul s’aligne sur le modèle fiscal, avec une demi-part supplémentaire uniquement pour les parents isolés ayant déclaré la case T.
Concrètement, cette modification pénalise les familles monoparentales, qui perdent une demi-part par rapport à la situation antérieure. Or ce sont précisément ces familles qui ont le plus besoin d’un soutien renforcé. La CFDT rappelle que 75 % des agents célibataires bénéficiaires de l’action sociale sont des familles monoparentales, majoritairement composées de femmes. Cette décision va donc à l’encontre des engagements de l’AEFE en matière d’égalité professionnelle.
La direction reconnaît que seuls neuf dossiers sont concernés. Le gain budgétaire est donc négligeable. Pourtant, elle a maintenu sa position, au nom de l’harmonisation avec les pratiques d’autres administrations. Pour la CFDT, rien n’imposait cet alignement. L’AEFE pouvait conserver un dispositif plus juste et plus protecteur. La mesure a été adoptée contre l’avis de la représentation syndicale.
Restauration : une logique budgétaire qui affaiblit l’action sociale
La direction a également décidé d’ajuster les tarifs de la restauration du CROUS de Nantes. Le minimum de participation des agents a été relevé pour s’aligner sur le seuil URSSAF, tandis que la contribution de l’AEFE au CROUS a été légèrement réduite.
La CFDT a rappelé que le seuil URSSAF constitue un plancher réglementaire destiné à éviter la requalification en avantage en nature. Il ne s’agit pas d’une obligation sociale. En choisissant de s’aligner strictement sur ce minimum, l’AEFE fait un choix budgétaire. Dans un contexte d’inflation et d’engagement affiché en faveur de la qualité de vie au travail, ce choix constitue un mauvais signal.
La CFDT a également réitéré sa demande concernant les personnels prestataires, qui ne bénéficient pas des tarifs subventionnés. La direction a refusé toute prise en charge, estimant que l’AEFE n’est pas leur employeur.
Là encore, la mesure a été adoptée.
Subvention à l’Amicale : un signal négatif pour le collectif de travail
La direction a décidé de réduire la subvention accordée à l’Amicale, malgré l’augmentation significative du nombre d’adhérents et la bonne gestion financière de l’association. Cette baisse, inédite, intervient dans un contexte de transformations importantes des conditions de travail, notamment sur le site parisien.
L’Amicale joue pourtant un rôle essentiel dans la vie collective. Elle contribue au bien-être au travail, renforce la cohésion entre les agents et participe à la prévention des risques psychosociaux. Dans un environnement marqué par le flex office et l’open space, son action est plus que jamais nécessaire.
Pour la CFDT, pénaliser une association parce qu’elle gère correctement son budget est un non-sens. Nous avons demandé le maintien de la subvention à l’identique. La direction a maintenu sa décision. Nous avons marqué notre désaccord en votant en abstention pour ne pas bloquer la subvention.
Bilan 2025 : une action sociale en recul à l’AEFE
Le bilan des prestations sociales pour 2025 montre une baisse significative du nombre de bénéficiaires et du budget consacré à l’action sociale. Si le turnover et l’évolution démographique expliquent en partie cette situation, d’autres questions se posent.
La CFDT s’interroge sur l’accès réel des agents aux dispositifs d’action sociale. Certains renoncent-ils à leurs droits par manque d’information ou par découragement ? La communication est-elle suffisamment efficace ? Pourquoi certaines catégories d’agents restent-elles sous-représentées parmi les bénéficiaires ?
Ce bilan révèle un paradoxe inquiétant : alors que les dépenses diminuent, l’AEFE choisit de restreindre certains dispositifs. Pour la CFDT, l’action sociale ne peut pas être réduite à une logique comptable. Elle doit rester un outil de solidarité et de justice sociale.
AEFE et action sociale : la CFDT reste mobilisée
La CFDT réaffirme que l’action sociale constitue un pilier du contrat social à l’AEFE. Or les décisions prises traduisent une orientation qui privilégie l’alignement administratif et la maîtrise budgétaire au détriment de la solidarité. La CFDT continuera à défendre une politique d’action sociale ambitieuse, juste et cohérente avec les valeurs de l’AEFE.
En savoir plus sur le comité d’action sociale de l’AEFE