La CFDT Éducation monde a rencontré les collègues du Lycée Jean Renoir de Munich. Des échanges pour prendre le pouls de la situation locale et porter la voix des personnels.
Munich – Site de Giesing
Le Lycée Jean Renoir est un établissement en gestion directe et se répartit entre deux sites.
Son école primaire se trouve dans le quartier de Giesing. Les personnels enseignants ont le statut de résidents pour plus de la moitié.
Les effectifs diminuent. Depuis 10 ans on a procédé à la fermeture d’une dizaine de classes. Il n’y a plus de liste d’attente comme le lycée a pu en connaître auparavant.
L’école maternelle est reconnue également comme Kita –équivalent de la crèche, avec le fonctionnement spécifique de l’Ersatzschule.

Une structure pédagogique qui change
La moyenne d’élèves par classe, pour sa part, a augmenté. Au second cycle les effectifs ne vont pas au-delà de 14 élèves, mais pour les plus grands on va jusqu’à 29. Le dédoublement est de règle à partir de 30 élèves.
Conséquence entre autres de ces évolutions : pour près de la moitié des cours, les enseignants sont en binôme.
Les horaires ont changé également et ne sont pas toujours adaptés aux réalités des transports dans une grande ville comme Munich.
Enfin, quant à la part d’enseignement dans les 2 langues, la tendance serait d’aller vers un 50-50.
Un public d’élèves en évolution
Les familles d’expatriés sont beaucoup moins nombreuses
Une collègue est chargée de l’accueil des non francophones de la GS au CM2. Elle axe son enseignement de la langue française sur la modalité FLSco. Le même dispositif existe pour les élèves non germanophones.
Munich – Site de Sendling
Le site du secondaire est dans le quartier de Sendling
Là aussi les personnels sont pour la plupart installés dans la durée. Il n’y a que très peu de turn over.
Dans le secondaire aussi on a assisté à des fermetures de classes depuis environ 3 ans (7 classes en moins depuis 2022)
Et de même qu’au primaire, les collègues sont confrontés à la problématique des classes plus chargées de la 3ème à la terminale.
Lycée Renoir – inclusion des élèves à besoins particuliers (EBEP)
Depuis plusieurs années le public d’élèves a changé. Le lycée accueille de plus en plus d’élèves à besoins particuliers.
L’établissement compte 10 % d’élèves EBEP, soit 120 sur un total de 1200. La prise en charge concerne des élèves présentant des troubles dys et handicaps. Et surtout on accueille également de plus en plus d’élèves avec des TDA/H https://etranger.sgen-cfdt.fr/besoin/plans-appui-scolarite/.
Atouts : Le lycée dispose d’un ETP pour un référent EBEP. Ce collègue partage son activité sur les 2 sites de l’établissement.
Il existe un groupe d’aide aux devoirs spécifique EBEP, assuré par un enseignant spécialisé.
En Allemagne, et encore plus en Bavière, l’inclusion n’est pas encore bien prise en charge.
Points faibles : absence de psychologue scolaire. L’accompagnement trouve en outre ses limites en l’absence de dispositifs tels que Segpa ou Ulis comme il existe en France.
Lycée Renoir – des préoccupations partagées par tous les personnels
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réforme AEFE
La hausse des écolages s’élèvera à 10% pour la rentrée 2026. Crainte que la diminution du nombre d’élèves s’accentue. Concurrence des écoles bavaroises et de l’école européenne
La concurrence des écoles bavaroises d’une part, et celle de l’école européenne représentent une sérieuse source d’inquiétude.
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L’érosion du pouvoir d’achat
L’inflation avec surtout l’explosion des loyers à Munich, ainsi que le coût de l’énergie qui a triplé en 1 an constituent de grandes sources de préoccupations.
D’autre part les dépenses d’alimentation ont augmenté de 10 à 15 % tandis que les salaires restent pratiquement gelés
Les collègues chiffrent le décrochage à 20% de perte de pouvoir d’achat en 5 ans.
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Droits à la retraite
Pour les personnels qui ont travaillé en France et en Allemagne, la constitution du dossier pour accéder aux droits à la retraite est problématique
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Perspective de la baisse de l’ISVL.
Les collègues ne comprennent pas la décision de la baisse de l’ISVL pour payer la PSC. Et les personnels dispensés de la PSC par la couverture de leur conjoint notamment jugent la décision de basculer le coût de la PSC sur l’enveloppe ISVL injuste.
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Des installations défaillantes
Un parc informatique vétuste et des installations sportives déficientes sont loin de permettre de travailler dans des conditions optimales.
Conclusion
Les représentants des personnels et des parents ont boycotté le CE puis voté contre le budget. À Munich comme ailleurs dans le monde, les voix se soulèvent contre la réforme annoncée de l’AEFE.
La CFDT Éducation monde continuera à dénoncer le transfert des pensions civiles sur les établissements. C’est à l’État d’assurer les cotisations de ses fonctionnaires.
De même l’amputation de l’enveloppe de l’ISVL constitue une grande iniquité envers les personnels résidents et D3.
Lire l’article sur la visite de l’école Pierre et Marie Curie à Heidelberg