AEFE -Barcelone : les agents ne paieront pas la réforme

À Barcelone comme partout dans le réseau, les personnels s'inquiètent : suppressions de postes, baisse des effectifs, réforme de l'AEFE, avantage familial en chute. Le 30 septembre, la CFDT Éducation monde est venue les écouter, puis a rencontré la direction du lycée.

La CFDT est allée à la recontre des personnels du Lycée français de Barcelone, établissement en gestion directe AEFE. Au programme, réunion d’information syndicale dans le premier degré et dans le second degré. Plaisir d’échanger avec les adhérentes et adhérents !

Des collègues inquiets, et pour de bonnes raisons

Les effectifs d’élèves diminuent. Les collègues le savent et craignent d’en payer le prix. Ils s’interrogent sur leur poste, sur leur contrat, sur leur avenir dans l’établissement. Ces questions reviennent à chaque rencontre avec la CFDT.

Au quotidien, d’autres préoccupations s’y ajoutent : le droit à la déconnexion, le rattrapage des heures après une absence, la mobilité interne. Ces sujets paraissent locaux, mais ils nourrissent la même inquiétude. Dans une période d’incertitude, chaque mot compte.

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AEFE – Suppressions de postes à Barcelone : l’inquiétude est légitime

La chute de la natalité et la baisse des effectifs inquiète. Les collègues recrutés locaux et détachés sentent une menace peser sur leur emploi. L’établissement a déjà licencié des collègues recrutés locaux. Il se dit que certains seraient allés au contentieux.

Les contrats de résident non renouvelés : les collègues soulignent le précédent en Espagne dans un autre établissement. La CFDT précise que le rapport interinspections propose de plafonner les détachés avec un ratio de 40 élèves par professeur dans les établissements en gestion directe, et de 50 ailleurs. Il veut aussi mettre fin au renouvellement automatique des contrats de résident.

La CFDT souligne cependant qu’aucun rapport n’a valeur de décision. Mais les précédents et le flou entretenu sur les contrats antérieurs à 2022 nourrissent déjà l’angoisse.

Réforme de l’AEFE : l’État doit assumer ses responsabilités

En effet, les subventions de l’État ont baissé de 60 à 78 millions d’euros en trois ans. La contribution aux pensions civiles pèse toujours plus lourd. Résultat : les frais de scolarité augmentent d’environ 8 % en moyenne, et les établissements voient leur facture grimper.

Pourtant, le dialogue social reste pauvre. Le tour de table sur la refonte du modèle économique de l’Agence est très insuffisant. Ainsi, la CFDT insiste sur l’instauration d’un contrat d’objectifs et de moyens, soumis à un vrai débat. Et pour que les trois rapports soient discutés avec l’ensemble des partenaires.

Avantage familial à Barcelone : le décret AEFE est publié, la perte est réelle

Surtout, le décret n° 2026-903 du 28 septembre 2026 modifie le décret n° 2002-22 et transforme l’avantage familial. Il est entré en vigueur le 1er octobre 2026. Son article 2, le plus lourd de conséquences, s’applique le 1er septembre 2027, avec un préavis inférieur à un an.

À cette date, l’avantage devient une indemnité de contribution à la scolarisation, fixée par pays, par zone et selon l’âge des enfants. Voici ce que cela change pour les familles de Barcelone.

Pour un enfant de 0 à 3 ans, l’agent ne perçoit plus que 70 % du montant de la première tranche d’âge. Dans les simulations de la CFDT, 528 € deviennent 369,60 € par mois. La famille perd 158,40 € par mois, soit 1 900,80 € par an (− 30 %).

Pour un enfant qui poursuit des études après le bac, l’avantage familial disparaît. Il est remplacé par une indemnité égale au forfait des bourses de l’enseignement supérieur de niveau 2. Dans les simulations de la CFDT, l’avantage passe de 7 404 € à 3 071 € par an. La famille perd 4 333 € par an, soit 58,5 %.

Surtout, la limite d’âge est fixée dans le décret : 16 ans révolus, 18 ans révolus en apprentissage ou en stage sous plafond de revenus, 20 ans révolus si l’enfant poursuit ses études. Au-delà, l’avantage familial n’est plus versé. Seuls les enfants atteints d’une infirmité permanente d’au moins 80 % échappent à cette limite.

La CFDT a déjà fait condamner l’AEFE devant le Conseil d’État en 2025 sur les questions de prestations familiales. Elle est prête à saisir de nouveau la justice. Une victoire de droit ne doit pas devenir une perte de pouvoir d’achat.

Les exigences de la CFDT :

  • Une prestation familiale unique, à budget renforcé, qui améliore la situation de tous, avec des montants adaptés à chaque pays.
  • Le maintien des crédits résiduels dans l’enveloppe des prestations familiales.
  • Aucune baisse de pouvoir d’achat pour les familles.

AEFE Barcelone – Rencontre avec la direction : un échange de qualité

Face à ces inquiétudes, la CFDT a échangé avec l’équipe de direction. Elle a exposé le contexte budgétaire et ses effets sur les personnels. Elle a demandé que chaque message adressé aux équipes tienne compte de leur fragilité. Les échanges ont été de qualité. Désormais, il faut des actions, notamment à l’issue de l’enquête portant sur les risques psychosociaux.

Droit syndical : on n’économise pas sur les libertés

La CFDT a informé les collègues de sa réunion par les listes de diffusion que la direction autorise, et elle l’en remercie. Mais la diffusion de son compte-rendu dans les casiers a provoqué une demande : la prise en charge des frais de reprographie par la CFDT, faute de quoi le document irait au panneau syndical.

Or les textes sont clairs. Dès 50 agents, avec une section syndicale, l’employeur est tenu de mettre à disposition un local commun aux organisations représentatives (article R. 213-25). Les équipements indispensables à l’activité syndicale vont avec (article R. 213-28). À l’étranger, la circulaire 10/CM de 1985 confie au chef de poste le soin de fixer, en concertation, les conditions de mise à disposition d’un local, avec son matériel.

La direction demande aussi qu’une mention accompagne le compte-rendu. La CFDT n’y voit aucun obstacle : un compte-rendu syndical n’engage que le syndicat, et la direction peut afficher ses réserves en toute transparence. Mais la CFDT n’entend pas que le budget serve de prétexte pour freiner l’information des personnels. Quelques photocopies ne ruinent pas un lycée.

Lire l’article portant sur le droit syndical.

Élections professionnelles : décembre 2026

Du 3 au 10 décembre, chaque voix comptera. En 2022, quelques voix ont permis à la CFDT de gagner un deuxième siège au comité social d’administration de l’AEFE. Il donne au syndicat des moyens supplémentaires pour vous défendre, et nous sommes déterminés à le conserver avec vous. Alors, d’ici là, vérifiez votre accès à votre messagerie @aefe.fr et votre inscription sur les listes électorales.

Puis dès le 3 décembre, votez et faites voter, pour que la réforme se fasse avec vous et non contre vous