AEFE – Comité social d’administration du 10 février 2026

Le comité social d'administration de l’AEFE a eu lieu le 10 février 2026. Austérité, opacité et ruptures d'égalité.

 

Le comité social d’administration de l’AEFE du 10 février 2026 a eu lieu dans un contexte budgétaire particulièrement tendu. Derrière les éléments de langage sur la « nécessaire réforme du modèle AEFE », c’est bien une logique d’austérité qui s’installe durablement. Les conséquences en sont lourdes pour les personnels détachés et en contrat local.

L’Agence se trouve, en effet, à un moment critique de son évolution. Les choix effectués ces derniers mois, notamment au dernier Conseil d’Administration, font peser de lourdes menaces sur le réseau, ses établissements et ses équipes.

Les services centraux sont également touchés avec des suppressions de postes et une charge de travail augmentée. Les personnels tous statuts confondus sont aujourd’hui sous pression.

La CFDT Education Monde a insisté sur ces points dans sa déclaration liminaire.

Protection sociale complémentaire : une mise en œuvre toujours chaotique

La mise en place de la PSC continue de susciter incompréhension et colère.

L’Agence a reconnu les nombreux dysfonctionnements et a adressé un courrier à la MGEN. Une réunion d’échange avec les organisations syndicales devrait avoir lieu le 19 février.

Les services centraux ont été fortement mobilisés. Cependant les difficultés persistent face à des outils informatiques non stabilisés. La CFDT déplore également une communication insuffisante. Des points comme les possibilités de dispense et l’importance d’une adhésion personnelle en sus à la prévoyance ne sont pas assez explicités.

Pour la CFDT Education monde, la situation crée des ruptures d’égalité manifestes : à l’étranger, les remboursements plafonnés à 90 % contrastent avec les 100 % appliqués en France. L’AEFE se déclare non décisionnaire face au maintien de ce reste à charge de 10 %, issu de l’accord interministériel.

En prime, il serait question de ponctionner les ISVL des résidents et détachés D3  d’environ 10 % pour financer non seulement leur PSC, mais aussi celles des D1 et des D2, non concernés par les ISVL. Fort heureusement, l’AEFE analyse à nouveau la situation, devant notre réaction face à cette idée malvenue.

Pour la CFDT Education Monde les personnels du réseau ne peuvent être les perdants d’une réforme décidée sans réelle concertation.

comité social d'administration AEFE

Primes statutaires : un décrochage inacceptable

L’Agence explique que le contexte budgétaire interdit la transposition des primes statutaires estimée à 4,278 millions d’euros par an. Alors même que l’Éducation nationale développe de plus en plus sa politique indemnitaire, les personnels détachés à l’AEFE, pourtant fonctionnaires, se retrouvent donc progressivement en décrochage.

Un contentieux est en cours. Mais au-delà du juridique, la question est aussi celle de l’attractivité du réseau face à des rémunérations qui stagnent et des indemnités non intégrées.

Prestations familiales : l’urgence d’avancer

L’Agence indique travailler sur le sujet avec la tutelle avant de proposer des groupes de travail. Or, il y a urgence : les personnels attendent des réponses concrètes.

Pour la CFDT Education monde, il est important de défendre des prestations familiales modulées. Ainsi elles doivent tenir compte de l’âge des enfants (0–3 ans / 18–21 ans). Mais aussi des enfants qui ne peuvent être scolarisés dans le réseau (handicap). En outre, il est important de prévoir une indexation sur les coûts par pays (sur le modèle de l’ISVL). Enfin,  il faut garantir la gratuité des frais de scolarité dans les établissements de l’AEFE.

ISVL / ICCVL : aucune réforme… pour l’instant

L’Agence affirme n’avoir acté, à ce stade, aucune réforme de l’ISVL, mais qu’elle reste en discussion.

La CFDT Education monde a réaffirmé son opposition à une réforme non concertée. Nous rejetons fermement l’idée avancée par l’Agence de financer une réforme générale comme la PSC (qui doit être financée légalement par l’Etat) en prélevant la part santé de l’ISVL/ICCVL des seuls personnels enseignants détachés et résidents.

Cela est inacceptable et aboutirait à une baisse conséquente de leur pouvoir d’achat.

Temps partiel : entre droit théorique et pratique restrictive

La CFDT Education monde a dénoncé une application trop restrictive de la circulaire relative au temps partiel.

Dans un contexte de suppression et de gel de postes de détachés, les demandes ont été examinées cette année de manière extrêmement stricte. Or l’argument budgétaire ne peut juridiquement être avancé : seule la nécessité de service peut être invoquée par le ou la chef·fe d’établissement.

Au-delà du fait que le temps partiel est dans certains cas « de droit », la CFDT Education monde rappelle qu’il peut aussi être demandé « sur autorisation ». C’est le cas notamment pour préparer un concours, assurer un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, et permettre aux collègues de mener à bien un nouveau projet.

Accompagnants pédagogiques de proximité : un cadre inadapté

Nous avons rejeté la proposition présentée par l’AEFE durant ce comité social d’administration. Certes, ce cadrage peut constituer une avancée. Cependant, plusieurs points restent problématiques et ne valorisent pas suffisamment les collègues prêts à s’investir. La proposition d’une indemnité  d’une ½ IMP par an ou son équivalence pour les personnels du 1er degré reste trop faible. Et ce, alors même que les attentes sont proches de la formation et qu’aucune reconnaissance institutionnelle n’est prévue.

La CFDT Education monde refuse une professionnalisation au rabais, un cadrage juridiquement fragile et l’absence d’une validation nationale permettant de prétendre au passage d’une certification reconnue (CAFIPEMF, CAFA…).

Carte des emplois : opacité persistante

Une fermeture de poste a été actée, mais la question centrale reste celle des postes gelés.

Près de 500 postes ont changé de statut entre l’annonce du mouvement et la situation finale. Ainsi, une centaine d’entre eux seraient gelés pour l’année 2026-2027.

La CFDT Education monde a denoncé le manque de transparence, l’absence d’avis des conseils d’établissement, des décisions non votées en CSA et des tensions budgétaires conduisant à l’épuisement des listes.

L’opacité fragilise la confiance et la gestion des personnels en établissement. Le gel des postes a lieu après discussions entre l’AEFE et les établissements, mais en aucun cas et à aucun niveau avec les représentants du personnel.

Notre exigence : équité, transparence, moyens

Ce comité social d’administration de l’AEFE confirme une priorité donnée à l’austérité budgétaire, des ruptures d’égalité entre personnels en France et à l’étranger, ou entre personnels en poste à l’étranger.

La CFDT continuera de défendre une PSC réellement protectrice et équitable, des prestations familiales justes et adaptées, et une ISVL digne de ce nom.

L’AEFE ne peut fonctionner durablement en demandant toujours plus aux personnels tout en réduisant ses moyens. Un dialogue transparent sur la carte des emplois doit permettre de construire l’avenir.

Lire le dernier compte rendu du comité social d’administration.