Le conseil d'administration de l'AEFE s'est tenu le 11 mars 2026.
Le conseil d’administration de l’AEFE s’est tenu dans un contexte de double crise : guerre au Moyen-Orient et bras de fer persistant sur la réforme de l’AEFE.
Déclaration liminaire de la CFDT Éducation monde : ici.
Intervention de la CFDT Éducation monde sur le compte financier : là.
Crises et conflits : nos collègues en première ligne
De nombreux établissements dans 12 pays sont touchés par la guerre au Moyen-Orient, avec de nombreux personnels directement concernés. La CFDT a dénoncé avec force l’absence de réunion permettant d’échanger collectivement sur la situation de nos collègues et sur les solutions de continuité pédagogique : « Ce traitement de la représentation des personnels est d’une extrême gravité. » La délibération sur les frais d’évacuation des personnels en Iran a été adoptée à l’unanimité. La CFDT Éducation monde a donc soutenu cette délibération et s’associe aux inquiétudes exprimées sur les conditions matérielles d’évacuation des personnels.
Au-delà du Moyen-Orient, le réseau fait face à d’autres situations difficiles. À Cuba, les coupures d’électricité prolongées fragilisent le fonctionnement des établissements. À Madagascar, le lycée de Tamatave a été sévèrement touché par le cyclone Geysani en février, avec une reprise des cours seulement le 3 mars.
La réforme de l’AEFE : la CFDT en colère
La CFDT Éducation monde est en colère. D’abord parce que le dialogue social s’enlise. Ensuite parce que les concertations se font au minimum. Enfin, parce qu’il y a risque de voir des fonctionnaires progressivement mis à disposition d’établissements à logiques lucratives sur des bases contractuelles non sécurisées. Bref, les inquiétudes demeurent entières.
Par conséquent, la CFDT réaffirme ses positions. Non seulement, la prise charge par l’État employeur des pensions civiles. Mais encore, la nécessité d’un engagement public fort — qu’il provienne de l’État, des pays d’implantation ou de l’Union européenne. Et enfin, opposition ferme à toute logique d’externalisation ou de privatisation rampante du réseau. Par conséquent, elle a expressément demandé la réactivation du format de consultation de 2023, associant l’ensemble des acteurs.
Conseil d’administration : Compte financier 2025
Lors de ce conseil d’administration de l’AEFE, la CFDT a remercié les services pour la qualité du travail fourni avant de dresser un constat sans ambiguïté : « ce compte financier est à l’image d’un patient qui sort de réanimation — techniquement vivant, mais on ne pavoise pas. » D’un côté, la subvention de l’État a chuté de 34,6 M€ en un exercice. De l’autre, sa part dans les recettes totales est tombée à 45 % (contre 53 % en 2022), tandis que les ressources propres — les frais payés par les familles — atteignent désormais 55 %. Les détachés restent la variable d’ajustement, avec 104 postes supprimés à la rentrée 2025 : la CFDT exige un moratoire.
Elle demande également un plan de revalorisation concret pour les personnels de droit local, dont les conditions salariales restent insuffisamment prises en compte. La CFDT a voté pour le compte financier — sans que ce vote vaille validation de la politique budgétaire de l’État. Elle maintient par ailleurs son alerte sur l’inégalité de traitement PSC entre catégories de personnels. Et menace d’un recours contentieux si la mesure n’est pas retirée.
AEFE – La suite de la concertation
Deux missions parlementaires sont en cours : la mission confiée par le Premier ministre à la sénatrice Cazebonne (rapport préliminaire attendu mi-avril, rapport définitif mi-juin), et la mission d’information sénatoriale transpartisane conduite notamment par Yan Chantrel et Mathilde Ollivier. La CFDT Éducation monde y sera vigilante : la réforme ne peut réussir qu’avec un dialogue social réel et un réengagement financier de l’État.
Lire le compte rendu du CA du 18 décembre 2025.