Lors de sa mission à Ankara, la CFDT Éducation monde a rencontré les personnels : effectifs, pouvoir d'achat
Turquie : le constat est sans appel au Lycée français Charles-de-Gaulle à Ankara, établissement en gestion directe AEFE. Les effectifs d’élèves s’effondrent, les postes se ferment et le pouvoir d’achat s’érode. Les personnels de droit local paient la facture. La CFDT Éducation monde attend des garanties avant les élections de décembre.
AEFE – Turquie Ankara : des effectifs en chute libre
Pour des motifs politiques, l’établissement ne peut plus accueillir d’élèves de nationalité turque : difficile d’endiguer la perte de cette population scolaire.
Ainsi, l’établissement a perdu environ 80 élèves entre la fin de l’année dernière et la rentrée. Les personnels évoquent 1 100 élèves il y a trois ans, contre 730 aujourd’hui. Cette baisse creuse un déficit important.
Les équipes vont donc subir les décisions de pilotage de l’Agence, avec un nouvel outil qui encadre les effectifs sur trois ans. Ainsi, de nouvelles fermetures de postes cette année et l’an prochain sont à craindre.

Personnels administratifs, des temps partiels imposés, sans allègement des tâches
Les situations vécues parlent d’elles-mêmes. Les personnels recrutés locaux qui ont des enfants scolarisés dans l’établissement s’accrochent à leur emploi, quitte à faire de grosses concessions. En effet, ils bénéficient d’un dégrèvement très substantiel des frais de scolarité : soit 80%. De ce fait, une collègue a par exemple accepté une réduction du temps de travail – et de salaire en proportion – de crainte d’un licenciement. Pourtant, ses missions et sa charge de travail n’ont pas diminué.
D’autres collègues ont subi un choix binaire : accepter 75 % de temps de travail ou partir.
- Un agent technique en CDI depuis 15 ans a refusé, car son salaire ne couvrait plus ses dépenses. Il a été licencié.
- Une documentaliste, autrefois à temps plein, travaille aujourd’hui 3 heures par semaine pour environ 400 € par mois.
- Un technicien informatique expérimenté a été remplacé par un étudiant en CDD à mi-temps, rémunéré environ 700 € par mois.
La direction reconnaît le problème d’équité. Il annonce un examen des fiches de poste au cas par cas.
AEFE – Turquie Ankara : un pouvoir d’achat qui s’effondre
À Ankara, la vie chère étrangle les budgets. Un appartement loué 300 à 400 € en 2020-2021 coûte désormais 800 à 1 000 €. La cantine augmente de 30 % et le transport de 40 %. Les salaires, eux, ne suivent pas l’inflation.
Une mesure négociée en février illustre les tentatives d’endiguer la paupérisation croissante des personnels. Elle arrive maintenant avec six mois de retard, et le montant de l’aide tombe de 100 à 70 € par mois.
La direction admet la nécessité de retravailler la grille salariale face à une inflation locale officielle de 30 %. Une première commission de dialogue social vient de se tenir. Mais aucun calendrier de négociation n’est encore fixé.
Un recrutement et un climat sociaux fragilisés
Les salaires ne séduisent plus. Le turn-over s’accélère, et les recrutements se font souvent en fin de liste. Les parents expriment déjà leur mécontentement sur la qualité de l’enseignement. Ainsi, la politique de réduction des coûts menace l’attractivité même de l’établissement.
Par ailleurs, la méfiance s’installe entre collègues. Chacun craint d’être le prochain. Les entretiens individuels de l’an dernier ont aggravé ce climat. En outre, selon les personnels, les critères de suppression de postes ne figurent dans aucun contrat : les critères retenus lors de la précédente vague de licenciement seront-ils reconduits ? La direction qui a reçu la CFDT en entretien a répondu clairement à cette préoccupation : les critères passés seront reconduits.
S’organiser pour peser
Face à cette situation, la CFDT Éducation monde structure sa section locale.
Surtout, aucun collègue ne doit affronter la reconduction de l’entretien individuel, tel que conduit l’an passé.
La section porte les questions suivantes en commission de dialogue social :
- Quelles prévisions de licenciements, et avec quels chiffres ?
- Quelles réductions de quotité sont envisagées ?
- Quand s’ouvriront les négociations sur l’augmentation générale ?
- Les AED et surveillants du premier degré entrent-ils dans les deux ETP supprimés ?
- Y aura-t-il de nouveaux entretiens individuels ?
Élections du 3 au 10 décembre : voter, c’est se protéger
Les élections professionnelles (CCPL et CSA pour les personnels recrutés locaux, CCPC en sus pour les personnels détachés) se dérouleront du 3 au 10 décembre. Chaque électeur doit activer son compte sur la plateforme de vote avant le 3 décembre. La CFDT présente des listes et vise des sièges partout. Notamment en Turquie.
Nos exigences
La CFDT Éducation monde demande à la direction et à l’Agence :
- Indexer les salaires sur l’inflation locale et ouvrir sans délai un calendrier de négociation ;
- Adapter la charge de travail à chaque quotité, poste par poste ;
- Contractualiser et rendre transparents les critères de suppression de postes, après discussion en CCPL ;
- Communiquer les données chiffrées sur les suppressions ;
- Garantir un accompagnement syndical pour tout entretien individuel.
Les personnels recrutés locaux d’Ankara font tenir cet établissement. Pour la CFDT, il convient de stabiliser les équipes et pour ce faire : revaloriser les salaires.
Élections professionnelles : décembre 2026
Du 3 au 10 décembre, chaque voix comptera. En 2022, quelques voix ont permis à la CFDT de gagner un deuxième siège au comité social d’administration de l’AEFE. Il donne au syndicat des moyens supplémentaires pour vous défendre, et nous sommes déterminés à le conserver avec vous. Alors, d’ici là, vérifiez votre accès à votre messagerie @aefe.fr et votre inscription sur les listes électorales.
Puis dès le 3 décembre, votez et faites voter, pour que la réforme se fasse avec vous et non contre vous
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