Ho Chi Minh en action : budget et réforme de l’AEFE

À Ho Chi Minh au Vietnam, personnels, parents et élèves se sont mobilisés contre l’augmentation des frais de scolarité. Dans cet établissement en gestion directe, cette action collective s’inscrit pleinement dans le contexte de la réforme de l’AEFE, marquée par une baisse annoncée du budget en 2026.

Les mesures budgétaires qui conduiront l’AEFE à une réforme aux contours critiqués créent une onde de choc à l’étranger, dont au Lycée Marguerite Duras à Ho Chi Minh.

Des mesures budgétaires et une réforme annoncée de l’AEFE qui fragilise le réseau

La réforme de l’AEFE à venir s’inscrit dans un contexte budgétaire fortement contraint. Pour 2026, l’Agence voit ses moyens diminuer alors que ses charges augmentent. Cette situation pèse sur l’ensemble du réseau de l’enseignement français à l’étranger, y compris à Ho Chi Minh.Saigon Ho Chi Minh Vietnam réforme AEFE

Les conséquences sont déjà visibles. Dans plusieurs pays, la réforme se traduit par une hausse des frais de scolarité. Ailleurs, comme à Madagascar, les augmentations salariales des personnels recrutés locaux sont gelées. Ces choix suscitent incompréhension et colère parmi les communautés éducatives.

Une unité sans précédent à Ho Chi Minh

À Ho Chi Minh-Ville, dans l’établissement en gestion directe, le conseil d’établissement du 8 janvier 2026 a marqué un tournant. Pour la première fois, l’ensemble des représentant·es – personnels, parents d’élèves et élèves – ont adopté une position commune en boycottant l’instance. Elles·ils ont adressé un courrier au chef de secteur.

Lors du second conseil d’établissement, le 14 janvier 2026, les représentant·es ont poursuivi cette démarche collective en choisissant l’abstention. À Ho Chi Minh, cette unité constitue un fait inédit.

Une mobilisation aussi portée par les personnels

Initialement lancée par les parents, les représentant·es des personnels, avec le soutien actif de la section syndicale CFDT, ont porté cette action. À Ho Chi Minh, leur engagement a permis de construire une mobilisation large, lisible et partagée.

Cette dynamique traduit une volonté claire de s’opposer aux effets locaux de la réforme de l’AEFE, tout en inscrivant l’action dans une perspective collective et responsable.

Une contestation des mesures budgétaires et de la réforme AEFE annoncée ciblée et responsable

La section syndicale CFDT a tenu à préciser le sens de la démarche engagée à Ho Chi Minh. L’action ne vise pas la direction locale. Celles et ceux qui la mène reconnaissent le travail réalisé dans l’établissement.

La contestation porte sur les orientations décidées au niveau central. La réforme de l’AEFE fait peser l’équilibre budgétaire sur les familles et fragilise en priorité les établissements les plus vulnérables du réseau.

Des frais de scolarité en hausse à Ho Chi Minh

Le budget présenté prévoit une augmentation de 3,5 % des frais de scolarité à Ho Chi Minh, et davantage encore dans d’autres établissements du réseau. Les représentant·es s’opposent à ce budget.

Elles et ils estiment que d’autres choix sont possibles. À Ho Chi Minh, comme ailleurs, la réforme de l’AEFE ne peut se traduire ni par une sélection sociale accrue ni par un affaiblissement durable de l’enseignement français à l’étranger.

Une mobilisation qui dépasse Ho Chi Minh : l’opérateur AEFE doit être soutenu financièrement et non pas subir une réforme en vue de son affaiblissement

L’action engagée à Ho Chi Minh commence à être connue dans le réseau. D’autres établissements s’y intéressent et envisagent des démarches similaires.

Cette mobilisation locale envoie un signal fort. Face à la réforme de l’AEFE, personnels, parents et élèves affirment, depuis Ho Chi Minh, leur attachement à un enseignement français à l’étranger accessible, solidaire et pérenne.


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