Le comité social d'administration de l’AEFE du 25 juin 2026, présidé par le nouveau directeur général, s’est tenu à l'AEFE dans le contexte particuliérement lourd de la réforme.
Présidé par le nouveau directeur général de l’AEFE, Alexandre Morois, le dernier comité social d’administration de l’AEFE pour cette année scolaire a eu lieu le 25 juin 2026.
Lire la déclaration liminaire de la CFDT Éducation monde

Beaucoup d’annonces, trop peu de concertation, et une forte inquiétude pour le réseau
Malgré un ordre du jour très chargé, deux sujets majeurs ont rapidement dominé : la réforme de l’avantage familial et les nouvelles fermetures massives de postes. La CFDT Éducation monde est intervenue à plusieurs reprises pour dénoncer l’absence de concertation en amont ainsi que les conséquences concrètes de ces décisions pour les personnels, les familles et les établissements.
Avantage familial : une réforme rejetée unanimement
Calendrier contraint et gratuité des frais de scolarité
Le dossier de l’avantage familial a concentré l’essentiel des débats. L’Agence devait réaliser des économies importantes, avec finalement comme décision de ne pas toucher aux ISVL. Ce sont donc les majorations familiales et l’avantage familial qui trinquent. En effet, la solution de la gratuité des frais de scolarité, un temps évoquée et acceptée par tous en 2023, n’a pu aboutir. Cela onstituerait un avantage en nature, donc soumis à cotisations et à imposition.

Conditions de perception
La réforme du décret 2002-22 prévoit, à partir de 2026, que tous les personnels (D1, D2 et D3 et résidents) perçoivent pour leurs enfants le même avantage familial.
À partir de 2027, la scolarisation de l’enfant dans le réseau d’enseignement français à l’étranger du lieu de résidence sera une condition du versement de l’avantage familial. En cas de non-scolarisation dans ce réseau, les agentes et agents percevront le supplément familial de traitement à la place. Des dispositions spécifiques sont prévues pour les enfants de moins de 3 ans et pour les 18-20 ans.
La CFDT Éducation monde dénonce la méthode et le fond
Certes, l’AEFE a été contrainte à une égalité de traitement des personnels quant aux prestations familiales. Un enfant représente le même coût pour les familles, quel que soit le statut de ses parents. Mais le choix scélérat du nivellement par le bas est à dénoncer avec force.
Une régression des droits
Clairement, il s’agit d’une baisse de droits pour de nombreux collègues : D et D2, lfamilles avec enfants de moins de trois ans, et avec enfants poursuivant des études supérieures. Inacceptable.
Si le directeur général a bien expliqué toutes les tractations qui ont eu lieu ces derniers mois à tant de niveaux : tutelle, direction du budget, 1er ministre, nous regrettons amèrement que la représentation des personnels ait été exclue de tout échange. Nous maintenir dans l’ignorance, dans un mépris complet du dialogue social, est inacceptable. Le directeur général s’est engagé à ce que ce processus ne se reproduise plus !
Cette réforme permettra à l’AEFE de faire de sérieuses économies, sur commande du gouvernement : environ 13 millions d’euros. La CFDT a exprimé son indignation. Une partie de cette somme compensera la protection sociale complémentaire (PSC) versée au personnels détaché. Nous avons rappelé que c’est à l’État employeur de participer à la PSC sur la base d’un budget abondé : or, une ligne budgétaire est désabhillé par une autre. Effet sur le pouvoir d’achat zéro.
A noter que les établissements partenaires sont inclus dans le périmètre ouvrant droit à l’avantage familial.
Le texte devra donc être représenté lors d’une nouvelle délibération, annoncée pour le 10 juillet, en raison du vote contre des organisations syndicales.
PSC : abandon de la baisse des ISVL, mais toujours de fortes difficultés
L’administration a confirmé qu’il n’y aurait finalement pas de mesure d’économie directement liée à la protection sociale complémentaire sur l’enveloppe des ISVL/ICCVL. La baisse initialement envisagée, de l’ordre de 5 à 5,5 millions d’euros, est donc abandonnée… en échange de la réforme du décret 2002-22 sur les prestations familiales.
Fermetures de postes : un affaiblissement massif du réseau
Autre point majeur de ce comité social d’administration : les cartes des emplois 2026-2027 et 2027-2028. L’administration a présenté une nouvelle vague de fermetures de postes. Pour la rentrée 2026, 212 suppressions de postes de D3, ainsi que 4 de D1/D2 sont prévues.

Ces fermetures n’épargnent aucune zone. La CFDT a alerté sur les conséquences pédagogiques et humaines de ces fermetures : perte d’expertise, dégradation des conditions de travail lorsque les postes ne sont pas remplacés : surcharge pour les équipes restantes, affaiblissement de l’encadrement mais aussi difficultés de recrutement local dans certaines disciplines.
La CFDT Éducation monde dénonce une hémorragie
Nous refusons que les postes denétachement, qui fondent à vue d’œil ces dernières années constituent une variable d’ajustement pour les budgets de l’AEFE. La CFDT porte toujours la revendication d’un moratoire sur les mesures annoncées en décembre 2025, qui ont des conséquences déjà très visibles : 65% des fermetures sont le fait des établissements conventionnés.
En effet, nombre de ces fermetures sont liées à la signature de l’avenant dans les établissements conventionnés, conséquence des décisions du conseil d’administration de décembre 2026.
Carte des emplois – services centraux
10 fermetures de postes sont prévues à Paris et Nantes. Nous avons dénoncé une absence de réflexion globale sur l’organigramme et la charge de travail. La CFDT a voté contre la cartographie.
Recrutement des détachés : désaccord sur le suivi de conjoint
L’instruction générale relative au recrutement des personnels détachés a également été examinée. Le travail technique mené en amont a été reconnu, notamment sur la clarification des règles et la mise en place d’un barème pour les pays sans commission consultative paritaire locale.
Cependant un point reste inacceptable : la suppression du suivi de conjoint comme un motif permettant à un personnel déjà détaché de candidater sur un autre poste avant la fin de son contrat. L’administration indique que le ministère de l’Éducation nationale refuse désormais ce motif.
La CFDT Éducation monde s’offusque de cette disposition
Cette remise en cause d’une priorité légale peut avoir de lourdes conséquences humaines. Là encore, l’AEFE dit subir les restrictions du MEN qui se font au détriment des personnels et de l’attractivité du réseau.
Autres points examinés
La discussion a porté sur plusieurs autres textes ou points d’information.
Calendriers scolaires
Grâce à la tenue d’un groupe de travail en amont, le texte a bénécié de substantielles améliorations.
Règlement intérieur type des CHSCT locales
Texte adopté à l’unanimité. Nous avons salué une avancée importante pour harmoniser et renforcer ces instances de santé, sécurité et conditions de travail dans les établissements.
Accompagnants pédagogiques de proximité
La rémunération reste nettement insuffisante pour ces accompagnant·es. Nous continuons de demander une rémunération juste pour le travail attendu. Des inquiétudes sur le caractère réellement volontaire de la mission nous préoccupent également.
Plateforme de recrutement Talents
De nombreuses alertes ont été remontées concernant l’accès des commissaires paritaires aux dossiers, l’afflux massif de candidatures, les filtres opérés localement et les questions RGPD. L’AEFE travaille sur ces points.
38 EGD utilisent cette plateforme : ce n’est pas obligatoire.
Élections professionnelles 2026
Les élections blanches ont permis de tester le vote électronique. De nombreux personnels, souvent recrutés localement, n’ont toujours pas activé leur compte. Cette situation pose un problème démocratique majeur.
La CFDT Éducation monde invite les agents à accéder à leur messagerie AEFE et à créer un compte Orion.
Pensez à activer vos comptes puis à diffuser autour de vous l’importance de cette action pour les prochaines élections. Préparons-nous à nous mobiliser !
Dialogue social : des engagements à confirmer
Le nouveau directeur général a reconnu que la méthode employée pour la réforme de l’avantage familial ne devait pas constituer un précédent. Il a affirmé vouloir renforcer le dialogue social et a émis le souhait de ne plus devoir présenter une carte des emplois aussi dévastatrice.
Il a aussi évoqué la nécessité d’une réflexion stratégique axée sur :
- le modèle de l’Agence
- la carte des emplois
- l’attractivité des postes
- l’avenir du réseau.
Nous prenons acte de ces déclarations. Cependant, le 25 juin, ce comité social d’administration a montré que l’Agence faisait peser ses contraintes budgétaires sur les personnels, les familles et les établissements.
Dans ce contexte, la CFDT Éducation monde continuera à agir pour la garantie des droits des personnels, pour la défense des missions de servicepublic à l’étranger et pour qu’un véritable dialogue social ase tienne en amont des décisions.
Lire le dernier compte rendu du comité social d’administration