Le mardi 28 juillet 2026, la DRH de l’AEFE a réuni les enseignants en poste au Burkina Faso pour les accompagner suite à la rupture des relations diplomatiques avec la France. La CFDT Éducation monde a participé à cette réunion.
L’AEFE a organisé une nouvelle réunion avec les enseignants en poste au Burkina Faso.
Burkina Faso : les explications de l’AEFE
Avant cette réunion, l’Agence a discuté avec le ministère de l’Éducation nationale. Elle a affirmé vouloir accompagner au mieux ses personnels.
Ceux-ci doivent se positionner immédiatement et informer l’Agence de leur choix pour la rentrée 2026 afin de lancer le processus au plus vite dans un calendrier très contraint.
Le MEN a assuré de sa bienveillance attentive. Il a également assuré que, même en plein mois d’août, il avait des contacts actifs dans les académies et les départements. La réponse sera donc rapide – ce qui signifie deux à trois semaines.
Le MEN ne souhaite pas que les agents contactent directement leur gestionnaire car si celui-ci est absent, l’information risque de se perdre. À tout le moins, il faut alors mettre l’AEFE en copie.
Le MEN ne pourra pas forcément exaucer tous les vœux mais il insistera auprès des rectorats pour qu’ils mettent tout en œuvre pour les satisfaire.
AEFE – Burkina Faso : le désarroi des personnels
Les inquiétudes concrètes, reflet d’un désarroi plus profond, sont légion. L’AEFE a répondu humainement mais a dû rappeler certaines règles et, surtout, qu’elle n’a pas la main : elle n’est pas décisionnaire, elle ne peut que soutenir et accompagner ses personnels au mieux.
En effet, d’un côté la situation est le résultat d’une décision politique indépendante de sa volonté. De l’autre, c’est le MEN qui, in fine, décide du lieu de la réintégration, de l’obtention d’une disponibilité et, finalement, de l’octroi d’un nouveau détachement pour la rentrée 2027.

Décision en urgence
La première inquiétude porte sur la décision en urgence : comment se décider puisque le Lycée français Saint-Exupéry n’a pas fait de proposition financière pour un éventuel recrutement en contrat local ?
Sur ce point, la logique est de placer le souhait de rester en contrat local en premier. S’il se révèle que les conditions ne conviennent pas, il sera temps alors de demander sa réintégration puisqu’elle est de droit. Tous les agents devraient être fixés sur leur poste en contrat local la dernière semaine d’août. Si ce n’est pas le cas, il faut écrire, dès le 24, à la DRH de l’Agence.
Comment repartir « après » ?
La deuxième inquiétude, centrale, concerne la possibilité de repartir « après ».
L’AEFE présente les 3 cas de figure :
Les personnels résidents depuis avant 2019 : s’ils rentrent en France un an ils pourront demander à bénéficier d’un détachement à la rentrée 2027.
Les personnels résidents recrutés en 2019 et 2020 devront rentrer 3 ans.
Tous les autres, recrutés à partir de 2021, peuvent être détachés en 2027. Attention cependant : ceux qui en sont déjà à 4 ans de détachement ne pourront pas repartir puisque la totalité du temps de détachement est limitée à six ans.
La CFDT Éducation monde attire l’attention sur un point important dans la prise de décision. Si un résident a accumulé beaucoup de points au cours de nombreuses années et repart ensuite en tant que détaché, il perd ses points de résident. Et ne bénéficie que de ceux accumulés durant son contrat de 6 ans.
Autrement dit, pendant une disponibilité pour être recruté en contrat local, on conserve ses points si on réintègre directement après la disponibilité. On les perd si on repart en détachement après la disponibilité.
La DRH annonce vouloir rencontrer les organisations syndicales pour envisager une « priorité exceptionnelle ». Celle-ci serait accordée aux personnels choisissant de réintégrer pour la rentrée 2026 mais souhaitant repartir en détachement à la rentrée 2027. La CFDT Éducation monde reste disponible tout le mois d’août.
Questions diverses
- Les agents pourront-ils bénéficier de la mesure de carte scolaire ?
C’est peu probable puisque la date d’arrêt du recrutement est fixée au 30 juin. En outre, les CCPL n’auront pas le temps de se réunir. Enfin, le MEN ne les suivra sûrement pas. Bref, le Mali a pu en bénéficier mais pour le Burkina, le calendrier joue contre la mesure de carte scolaire.
- Est-il possible de retourner dans le pays pour récupérer ses affaires ?
L’Agence le déconseille fortement sans pouvoir l’interdire. Dans la mesure où il n’y a pas eu d’ordre de quitter le pays c’est, en théorie, possible. Il faut néanmoins faire une demande auprès de la cellule de crise du MEAE.
- Les résidents peuvent-ils bénéficier de l’Indemnité de Changement de Résidence normalement réservée aux détachés sous le nouveau contrat (D3) ?
Le remboursement des billets d’avion est envisageable. Il faut pour cela que les organisations syndicales demandent la tenue d’un conseil d’administration. Lequel pourra alors décider d’une mesure exceptionnelle d’indemnisation. La CFDT Éducation monde a d’ores et déjà prévu de faire cette demande.
L’expression d’un désarroi profond
Une intervenante a exprimé ce qui est le sentiment de tous, l’anxiété et le malaise qui vont bien au-delà des considérations matérielles et techniques.
Investis 20 ans dans le même lycée, ils se sont battus bec et ongles pour que le lycée ne soit pas déconventionné. Leur vie était au Burkina. Et tout disparaît d’un coup, ils restent sans rien de ce qu’ils avaient construit, ils sont désemparés et n’ont personne pour les écouter. L’AEFE a réitéré la mise à disposition des coordonnées de sa cellule d’écoute.
La CFDT Éducation monde rappelle ici qu’elle est joignable tout l’été pour accompagner les collègues.
Lire notre article précédent sur la situation au Burkina Faso.