Contraintes budgétaires à l’AEFE : quel avenir pour le réseau et ses personnels ?

La CFDT Éducation monde a rencontré la direction de l’AEFE le mercredi 2 septembre 2026. Lors de cette réunion de rentrée, le directeur général, Alexandre Morois, a détaillé les contraintes budgétaires qui pèsent sur l’Agence.

La réunion de rentrée avec le directeur général de l’Agence a porté sur les contraintes budgétaires de l’AEFE.

Analyse de la CFDT Éducation monde

 La CFDT Éducation monde reconnaît la qualité du dialogue, attentif et très courtois. Elle reste néanmoins lucide.

La conversation montre clairement que plusieurs (25) établissements à cette heure n’ont pas encore signé le renouvellement de la convention. Les collègues qui y travaillent risquent donc de perdre leur contrat de droit public français et leur détachement.

La conversation annonce de façon à peine déguisée la diminution du nombre de postes de personnels enseignants dont les contrats à échéance pourraient, pour certains, ne pas être renouvelés.

La contrainte budgétaire est telle que, sans soutien dans la construction budgétaire française à venir cet automne, rien de pérenne ne se mettra en place. Les menaces sont nombreuses : augmentation des charges, augmentation des frais de scolarité, dégradation des conditions de travail, voire suppressions de contrats en cours dans les établissements conventionnés qui n’auront pas renouvelé la convention (cas d’Ottawa).

AEFE – Contraintes budgétaires : exposé de la situation par le directeur général

Alexandre Morois souligne la nécessité de convaincre le maximum d’établissements de rester dans le conventionnement. D’abord pour les collègues. Ensuite pour l’Agence. Les établissements conventionnés constituant des points d’appui précieux. Pour lui, ils garantissent l’excellence pédagogique du réseau.

Notons une bonne surprise relative : les établissements comme leurs comités de gestion, dans leur grande majorité, restent très attachés à ce statut et ne souhaitent pas être déconventionnés.

Selon le directeur général, la contribution à la pension civile ne crée pas les problèmes mais s’ajoute à des problèm

es déjà existants.

Quelles seraient les solutions pour tenir les 18 mois d’ici à la refonte du système de l’Agence ?

Le directeur général indique trois leviers :

  • participation à la rémunération des résidents, D3 et détachés ;
  • « système équitable, lisible et prévisible » c’est-à-dire permettre à chaque établissement d’anticiper les contraintes budgétaires à moyen terme ;
  • cartographie des emplois.  Comme les établissements paient la moitié des salaires, ils veulent avoir leur mot à dire sur le recrutement. La réflexion n’est pas encore pas aboutie et il en sera question au comité social d’administration d’octobre.

Il y adjoint deux limites :aefe contraintes budgétaires

  • La première est le respect des contrats : on ne rompt pas un contrat en cours.
  • La seconde, c’est de ne pas faire n’importe quoi. Donc de conserver de l’expertise dans les différentes disciplines. Autrement dit, de raisonner en fonction d’effectif cible lié aux spécificités de l’établissement.

Et il précise le but : élaborer un nouveau modèle de lycée pérenne. C’est-à-dire offrant une pédagogie de qualité qui réponde aux demandes des parents tout en étant économiquement viable.

Enfin, il insiste sur le fait que la valeur ajoutée de notre réseau, c’est son homogénéité. Tandis qu’une accumulation d’écoles à modèle francophone n’offrirait aucune garantie aux parents.

Avis de la CFDT

La réforme envisagée pour 2027 se pense en dehors de tout dialogue avec la représentation des personnels. S’il est annoncé que les frais d’écolage n’augmenteront désormais que dans la limite de l’inflation, trois options subsistent pour aller vers la soutenabilité : obtenir un abondement du budget de l’État, réduire la masse salariale — c’est-à-dire réduire le nombre de personnels détachés — ou faire évoluer leurs statuts. La CFDT s’opposera aux deux dernières options, qui constitueraient une sortie de route inacceptable.

Le pilotage de la cartographie des emplois annonce d’ores et déjà des fermetures de postes de détachés. Nous avons demandé si les non-renouvellements de contrats affecteraient également les personnels sous statut de résident : nous n’avons obtenu qu’un long silence pesant.

De ce fait, la CFDT continue de revendiquer un gel de la réforme et la tenue d’assises permettant à l’ensemble des partenaires — représentation des personnels, parents et élus — d’échanger et de converger vers des évolutions négociées et acceptables.

Enfin, pour la CFDT, le dialogue ne peut se réduire à la tenue d’instances ou à des temps d’échange qui consistent à communiquer des arbitrages déjà rendus.

Pour la CFDT Éducation monde, le dialogue ira toujours dans le sens de la défense des collègues et de la préservation des contrats dans chaque établissement.

Nous avons rappelé cette évidence : sans les personnels, il n’y a pas d’AEFE.