Lors de notre passage à Pondichéry, nous avons rencontré les détachés, puis les recrutés locaux. Les premiers s’inquiètent particulièrement pour l’avenir de l’Agence. Les seconds réclament des salaires revalorisés, de la communication et de la transparence.
Le Lycée français de Pondichéry, établissement en gestion directe AEFE, vient de fêter ses 200 ans. En perte constante d’effectifs, les collègues partagent leurs inquiétudes ainsi que l’absence de revalorisation salariale au regard d’un budget plus que contraint.
AEFE – Pondichéry – Des salaires gelés depuis deux ans

Les personnels recrutés locaux n’ont eu aucune augmentation depuis deux ans. L’Agence a en effet refusé la demande de revalorisation de 2%, pourtant soutenue par la direction. Ainsi, les engagements pris localement n’ont pu être tenus en raison du veto de Paris. Les agents ne comprennent pas pourquoi les rémunérations ne suivent pas au moins l’inflation.
Des contrats qui méritent clarification pour les personnels
Avant, le CDI s’obtenait au bout d’un an. La convention collective mentionne la cédéisation au bout de deux contrats d’un an. Aujourd’hui, la représentation des personnels souligne le cas d’un agent dans sa troisième année de CDD. Les personnels notent enfin que certains agents passent en CDI, d’autres non. Sur ce point, les agents parlent de décision non explicitées. De plus, ils soulignent ne pas connaitre pas leur convention collective.
Pour la CFDT, le dialogue doit être plus resserré à tous les points de vue. La communication avec les agents non francophones doit faire l’objet d’une attention particulière.
Personnels non enseignants : une charge de travail en hausse
À la cantine, les agents soulignent effectuer chaque jour des heures supplémentaires non rémunérées. Il est aussi demandé au personnel de venir le week-end, contre récupération. La direction souligne en réponse que le temps de service est annualisé.
Par ailleurs, le nettoyage et les ouvriers techniques ont perdu la moitié de leurs équipes. À la BCD et au CDI, 20 heures ne suffisent pas. Certes, les effectifs scolaires ont baissé mais les personnels estiment que la charge de travail reste importante. Chacune et chacun disent ne pas avoir le temps de terminer leur travail dans le temps imparti.
Détachés : protection sociale complémentaire, prévoyance, avantage familial
Les détachés se sentent plutôt bien à Pondichéry. Leurs inquiétudes rejoignent toutefois celles de tout le réseau. La protection sociale fonctionne mal à l’étranger. Nombreux semblent ne pas avoir souscrit à une prévoyance.
Par ailleurs, nous avons confirmé avoir engagé un avocat en vue d’un recours contre le décret sur l’avantage familial.
Quel avenir pour l’AEFE ?
Des groupes de travail préparent une réforme budgétaire. Ses contours restent inconnus. Une seule orientation est connue : limiter la hausse des frais de scolarité à l’inflation. Dès lors, la pression se reporterait sur la masse salariale et, ou la relation contractuelle des personnels détachés avec l’Agence et donc les rémunérations et accessoires. La modification des prestations sociales constitue un premier pas.
AEFE – Pondichéry : nos revendications
Nous demandons :
- un calendrier d’augmentation et des explications sur le refus de l’Agence ;
- des critères clairs pour accéder au CDI au regard de la convention ;
- une mise au point sur l’annualisation du temps de service, la récupération ou rémunération des heures supplémentaires ;
- la communication et l’explicitation de la convention collective à tous les agents : tous les employés ne sont pas francophones ou anglophones ;
- l’annulation du décret sur l’avantage familial ;
- un financement de l’AEFE par l’État à la hauteur de ses missions.
Les personnels et leurs réminérations ne sont pas une variable d’ajustement. Nous continuerons à le dire
Élections professionnelles : décembre 2026
Du 3 au 10 décembre, chaque voix comptera. En 2022, quelques voix ont permis à la CFDT de gagner un deuxième siège au comité social d’administration de l’AEFE. Il donne au syndicat des moyens supplémentaires pour vous défendre, et nous sommes déterminés à le conserver avec vous. Alors, d’ici là, vérifiez votre accès à votre messagerie @aefe.fr et votre inscription sur les listes électorales.
Puis dès le 3 décembre, votez et faites voter, pour que la réforme se fasse avec vous et non contre vous.
Lien vers l’article précédent