Lors de sa mission au Lycée français Jean Monnet de Bruxelles, la CFDT Éducation monde a rencontré les personnels
Belgique : au Lycée Jean Monnet de Bruxelles, l’établissement en gestion directe AEFE résiste à la baisse démographique et se bat pour maintenir ses postes. Quand des suppressions interviennent, elles reposent sur des départs naturels. Pourtant, la pression budgétaire de l’Agence ne faiblit pas.
AEFE – Belgique Bruxelles : une démographie qui pèse sur le lycée
La natalité recule dans toute l’Europe. De plus, les écoles belges, gratuites et réputées pour leur pédagogie active, concurrencent directement le lycée. Ainsi, il a perdu environ 300 élèves depuis 2017.
L’Agence avait d’abord anticipé dans sa prévision une importante chute du nombre d’élèves à cette rentrée. L’établissement a tout mis en œuvre pour freiner le recul et la perte réelle a finalement atteint une vingtaine d’élèves.
Le lycée compte 278 personnels, dont 105 détachés.

L’école primaire : des équipes engagées qui amortissent le choc
Les équipes du premier degré ont sauvé la maternelle. En revanche, plusieurs classes ont fermé en élémentaire. La direction a choisi ces fermetures pour éviter des suppressions de postes et la « casse humaine ».
Par ailleurs, le lycée diversifie son offre :
- parcours germanophone à parité horaire ;
- école inclusive et dispositif d’accompagnement des élèves allophones ;
- ateliers de français langue seconde à tous les niveaux de l’élémentaire ;
- un poste de maître formateur créé à temps plein, et davantage de formation continue ;
- un périscolaire développé vers la maternelle.
Le public change. Il compte désormais beaucoup d’élèves russophones, hispanophones et anglophones. Les équipes s’adaptent, et l’école primaire compte 85 % de détachés. Toutefois, le stress pèse sur les collègues quand la structure pédagogique s’adapte.
Des postes défendus, des contrats de résidents en question
Au dernier comité social d’administration, l’Agence a annoncé 144 suppressions de postes dans le monde. Elles incluent des fermetures d’établissements et des déconventionnements, au Burkina Faso et au Mali notamment.
À Bruxelles, l’établissement fait tout pour maintenir les postes. Les suppressions envisagées reposent donc sur des départs naturels : un départ volontaire, un départ lié à la mobilité d’un conjoint et un poste du premier degré redéployé. La liste officielle doit paraître le jeudi 15 octobre.
En revanche, les contrats de résidents inquiètent. La direction générale affirme que « tout contrat commencé est un contrat terminé ». Pourtant, elle ne s’engage pas sur leur reconduction. Or l’Espagne a déjà connu une non-reconduction. Les résidents coûtent cher à l’employeur en raison de leur ancienneté. La CFDT reste donc vigilante sur le respect de la parole donnée.
Les personnels administratifs de l’établissement
Les personnels administratifs se sentent invisibles. Leur effectif est passé de 15 à 30 en dix ans, selon un témoignage. Pourtant, leur travail reste peu reconnu. De plus, les bâtiments préfabriqués, du provisoire qui dure depuis dix ans, n’ont pas de climatisation sur un niveau. Les nouveaux locaux n’arriveront que dans un an et demi.
Protection sociale complémentaire : une mise en œuvre qui suscite la colère
À l’étranger, la protection sociale complémentaire (PSC) est jugée catastrophique. Il n’existe plus de guichet unique. En outre, la plateforme Ameli refuse les numéros de téléphone étrangers et bloque l’accès aux comptes. Une collègue malade a eu beaucoup de mal à obtenir une prise en charge. Par ailleurs, les cotisations ont déjà augmenté, alors que l’hospitalisation n’a été remboursée qu’à 90 % et vient de passer à 100% avec une nouvelle augmentation de la cotisation. Les personnels soulignent que la meilleure des mutuelles belges est plus efficace et meilleur marché.
Le financement pose aussi problème. Il devait d’abord peser sur l’ISVL. Désormais, la réforme de l’avantage familial en fait porter le coût sur les familles. Cette réforme reprend les préconisations du rapport des inspections générales.
Face à ce choix, la CFDT Éducation monde ne reste pas passive. Elle engage, avec son avocat, un recours en annulation contre le décret
Un dialogue local apaisé, une réforme des statuts sans concertation
Localement, le dialogue social a progressé. Aujourd’hui, les conseils de classe tiennent en deux heures environ, grâce à un dialogue de qualité en amont. Les collègues apprécient.
Un dialogue qui fait défaut au niveau de l’Agence : les organisations syndicales sont bien en peine de relayer les discussions sur la réforme et l’évolution à venir de l’Agence, faute d’y être associées.
Les revendications de la CFDT
La CFDT Éducation monde demande à l’Agence :
- de garantir par écrit la reconduction des contrats de résidents, sauf faute avérée ;
- de retirer le décret réformant l’avantage familial ;
- de rendre Ameli facilement accessible depuis l’étranger ;
- d’associer les organisations syndicales à la réforme des statuts ;
- de reconnaître les personnels administratifs et de climatiser sans attendre leurs locaux.
Élections professionnelles : décembre 2026
Du 3 au 10 décembre, chaque voix comptera. En 2022, quelques voix ont permis à la CFDT de gagner un deuxième siège au comité social d’administration de l’AEFE. Il donne au syndicat des moyens supplémentaires pour vous défendre, et nous sommes déterminés à le conserver avec vous. Alors, d’ici là, vérifiez votre accès à votre messagerie @aefe.fr et votre inscription sur les listes électorales.
Puis dès le 3 décembre, votez et faites voter, pour que la réforme se fasse avec vous et non contre vous
Lire l’article précédent sur le Lycée Jean Monnet de Bruxelles